Publication trimestrielle

Vous trouverez ci-dessous la retranscription, par ordre chronologique, de tous les bulletins trimestriels qui sont envoyés aux priants...bonne lecture !


L'Église, corps ulcéré mais Saint !

n° 82 - septembre 2019

 

 

 

Il y a environ 2000 ans, Saint Paul nous a offert cette si belle image du corps pour expliquer ce qu'est l'Église (1 Co 12). Ne l'oublions pas, elle prend encore plus de sens aujourd'hui, alors que L'Église se révèle si fragile.

 

Les pêcheurs ecclésiastiques qui sont dénoncés aujourd'hui sont les ulcères que nous avions bandés : les ulcères, ça fait moins mal quand on ne s'en occupe pas ! Le monde aujourd'hui cherche les plaies de l'église, pour montrer ses faiblesses.

 

Ces plaies sont laides : toutes pourries, insupportables à voir, d'une odeur acide irrespirable... oui.

 

Mais le mystère de la foi, n'est-ce pas de voir même dans les corps les plus abîmés les âmes ? le Christ ? Levons les yeux : ces ulcères sont une partie d'un corps entier, dont la tête est le Christ ! De même, derrière le corps si violent, douloureux, insupportable à voir qu'est l’Église actuelle ; il y a une âme : l'Église est Sainte ! Le Christ et ses successeurs nous l'ont dit, nous l'affirmons chaque jour en disant notre foi !

 

Prenons du recul, posons le regard de Dieu (ce Dieu médecin !) sur ce corps mutilé : nous verrons sa beauté et sa sainteté qui doivent être à nouveau révélées au monde. Prenons soin de ce corps, ne nous laissons pas rebuter par ses quelques plaies ! Ce déballage des plaies est douloureux, bien-sûr. La douleur d'un ulcère est bien plus vive lorsqu'on le soigne.

 

Aujourd'hui tout le corps que forme l'Église souffre atrocement de ces ulcères que l'on découvre; mais il faut passer par là pour soigner le corps !

 

     - D'abord parce qu'un ulcère non soigné se creuse et s'étend : un membre entier peut être atteint, pourri, et alors on ne pourra que l'enlever du corps : laisserons-nous le monde ôter tout un membre au corps du Christ ? Au contraire, il faut soigner ces ulcères quitte à souffrir.

 

     - Mais pour que ces ulcères répétés cessent de nous mutiler, il faut aussi traiter la cause ! Parce qu'un ulcère au pied empêche le corps entier de marcher. On ne peut pas arrêter l'Église à cause de ses

 

plaies, tout le corps doit avancer ! Eh bien, la cause d'un ulcère c'est

 

un problème de vascularisation : les parties du corps qui s'ulcèrent sont celles qui sont trop loin du cœur, qui ont du mal à être irriguées... alors dès que le cœur pompe un peu moins, ces parties ne reçoivent plus de sang.

 

Allons-nous laisser le corps que nous formons se nécroser membre par membre ? Non, allons au cœur, allons pomper ce sang qu'est la prière ! Il faut prier pour ces parties du corps qui nous font honte, même si c’est difficile : cela les irriguera et c'est le seul moyen de cicatriser, de pouvoir remarcher !

 

Les ulcères apparaissent lorsqu'on ralentit : relisons les derniers temps, l’Église n'a peut-être pas assez avancé; se regardant le nombril au lieu d'aller se montrer ! Et dans le corps sacré que nous formons, les vaisseaux se sont bouchés... N'en restons pas là ! Et même si nous n'avons pas le courage de subir la douleur du soin, rappelons-nous que même derrière un corps tout nécrosé vibre une âme appelée à la sainteté; et même déjà Sainte en ce qui concerne

 

l’Église.

 

N'oublions pas aussi de regarder le reste du corps: si les pieds sont ulcérés, les mains restent peut-être belles, alors choisissons d'êtres ces mains au service des autres, ces mains qui bandent, qui accueillent, qui nettoient..! Et regardons ceux qui font vivre le corps, tous nos prêtres et consacrés, tous les laïcs qui irriguent les membres encore en bonne santé, et ont besoin de notre aide pour redonner au corps sa Dignité et révéler au monde sa Sainteté

 

Alors ne restons pas alités à pleurer en étant dégoûtés les uns des autres, ne laissons pas nos petites plaies nous ronger, et ayons le courage de nous soigner, avec l'espérance d'avancer à nouveau tous ensemble, en un seul corps harmonieux et rayonnant, vers le Royaume !

 

Et rendons grâce pour ces plaies déballées, ce n'est que la première étape vers le soin, d'autres suivront, sûrement plus douloureuses (ouvrir les bandes n'est pas le tout, il va falloir nettoyer, curer ces plaies que l'on a dévoilées !) : demandons au Seigneur sa Force afin de supporter la douleur, et sa Paix comme anesthésique... Lui qui, sur la Croix, a accepté que Son Saint Corps soit transpercé par nos pêchés.

 

 

 

Marion M, du réseau des médecins chrétiens des Hauts de France

 

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Jésus a dit à Sainte Faustine :

 

 

 

"A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera" et la miséricorde divine insondable permet la dissipation des plus noires ténèbres à celui qui ouvre son cœur à sa Lumière rédemptrice: "Qu'aucune âme n'ait peur de s'approcher de moi, même si ses péchés sont comme l'écarlate. Ma miséricorde est si grande que, pendant toute l'éternité, aucun esprit, ni humain ni angélique, ne saurait approfondir tout ce qui existe est sorti des entrailles de ma miséricorde. Chaque âme en relation avec moi méditera mon amour et ma miséricorde pendant toute l'éternité. La fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu'elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques. Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu'il ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde."

 

 


De la dignité humaine …

n°81 - Juin 2019

 

Bonjour à tous et à toutes,

    Tout d‘abord un grand merci à Aude, présidente du Bon Larron*, pour son invitation à venir témoigner lors de leur rassemblement national le 23 mars dernier. Ce fut un moment intense de communion et de partage : ex-détenus et victimes tous sous le regard miséricordieux de Notre Dieu. Merci à Michel pour son soutien, à Daniel pour le feu de ses remarques, à Nadia-Catherine pour la justesse de son intervention. Merci également à Khaled et à Pierre Marc pour leurs témoignages pleins d’humilité.

    Merci également à Patrick qui a organisé notre venue à la cathédrale d’Amiens le 31 mars et qui a, par ses poèmes et ses chansons interprétées avec tant de foi, témoigné du chemin que Dieu fait dans le cœur des victimes de la maltraitance.

 

Merci à tous ceux qui nous ont rejoints et sont devenus priants (nous sommes plus de 4700 désormais), à ceux qui par un courrier, un mail, des timbres et des dons nous soutiennent.

 

Merci au Cardinal Piat, archevêque de Maurice, et à Monseigneur Aubry, évêque de La Réunion, d’avoir accepté que Père Christian Chassagne devienne notre référent « UEDLP – Océan Indien ».  Merci de votre prière pour soutenir Père Christian dans cette entreprise qu’il a accueilli avec simplicité et amitié.

 

Enfin, l’annonce anticipée du 1er rassemblement diocésain des priants de l’Oise, à l’occasion des 20 ans d’UEDLP, qui aura lieu le dimanche 16 février 2020 à Clermont. Tous les priants des autres départements limitrophes sont bien entendu invités à nous rejoindre. L’Eucharistie sera présidée par Mgr Jacques Benoit-Gonnin qui donnera également un enseignement l’après-midi.  Merci de réserver cette date sur vos agendas (des ramassages en car sont prévus).

Union de prière                                                                                                                                                                       Mona

 

De la dignité humaine …

 

Invitée à intervenir au colloque du Bon Larron * dont le thème était «La dignité humaine » j’avoue avoir été un peu sèche – me revenaient mes cours de Droit vieux de 40 ans, mon cours devant mes élèves de collège sur le respect et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme … enfin rien qui dans mon cœur ne réponde à la demande.

J’ai donc confié tout cela à la prière: « Père, éclairez-moi ; que dire sur la dignité humaine ? » et une réponse s’est imposée à moi devant la croix accrochée au mur : « La dignité humaine,  c’est le Christ en Croix ». Comment Jésus, Lui qui n’avait plus figure humaine par tant de sévices subis jusqu’à la mort infamante sur la croix était-il l’exemple même de la dignité humaine ? Tout simplement parce qu’il n’avait plus figure humaine. Son corps portait les traces de tous nos péchés : de la trahison de Juda qui a par un baiser touché ses lèvres, au reniement de Pierre, jusqu’aux coups de fouet, la moquerie des soldats, le couronnant d’épines et la foule qui le conspue jusque sur la croix. Tous nos péchés sont inscrits sur son être crucifié et, tout en n’ayant plus figure humaine, il montre, par son abandon à la volonté du Père, ce choix divin de nous redonner notre dignité, notre dignité d’homme.

Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? dit l’hymne.

Dieu, dès la Création, quand il crée l’homme et la femme, leur fait ce cadeau de la dignité humaine Et même alors qu’à cause du péché Il va les chasser du Jardin d’Eden, face à leur nudité il leur donne des vêtements de peaux de bêtes et les en habille (Gen 3,21). Combien de fois, au cours des âges, les bourreaux n’ont-ils pas déshabillé leurs victimes pour leur ôter leur valeur d’homme !

UEDLP est une œuvre de miséricorde. Nous confions à nos priants 2 prénoms celui d’un enfant maltraité et celui d’un adulte qui a maltraité un enfant. Deux prénoms, rien d’autre. Pourquoi rien d’autre : par discrétion, parce que la loi nous y oblige, pour éviter au priant de faire des amalgames. Oui, bien sûr, mais aussi et surtout que chacun des 2 prénoms soient sur un plan d’égalité…. Deux êtres humains qui - si nous laissons l’Esprit faire son chemin dans notre cœur – doivent avoir la même valeur dans notre prière car ils ont la même valeur aux yeux de Dieu. Très souvent, les courriers reçus des priants,  nous disent à mots couverts ou simplement par l’expression « je prie bien pour l’enfant » que cette égalité n’est pas vécue par le priant. Notre logique exclue presque automatiquement de la prière celui qui a nos yeux est le plus fautif. Et combien nous sommes prompts à regarder l’autre comme bien plus pêcheur que nous même … là, le regard que nous avons sur la dignité de l’autre est bien inégal.

Mais comment prier avec égale compassion pour l’enfant maltraité et l’adulte maltraitant ?

Peut-être simplement en leur accordant la même dignité que Dieu leur accorde car Lui ne fait pas de différence. Dieu les aime tels qu’ils sont.

Accorder de la dignité à l’enfant, la victime, facile ! Les coups, les humiliations, les privations, les attouchements, le viol ont détruit sa dignité. La personne qui maltraite un enfant tend à lui refuser cette dignité. Les insultes qui souvent ponctuent les coups et les humiliations  en sont un révélateur. Les « Tu  es nul ! Tu ne vaux rien ! »  font perdre à l’enfant sa propre dignité, sa valeur jusqu’à compromettre tout son avenir. Sa confiance en lui est détruite ou reconstruite atrophiée, amputée.  Celui qui porte atteinte à un enfant notamment dans le viol le prive de celle-ci. L’enfant n’est plus un humain mais un objet sexuel et plus l’enfant est jeune plus la volonté consciente ou inconsciente de l’agresseur lui refuse cette dignité. Chaque priant demande au Seigneur que l’enfant puisse se construire, reconstruire cette dignité humaine tronquée ou anéantie … prière facile … qui n’est pas touché par la détresse d’un enfant.

Mais UEDLP confie également le prénom d’un adulte maltraitant … et là … c’est une autre histoire. Une histoire entre Dieu et le priant. Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? dit l’hymne. Qui Donc est Dieu pour nous demander d’aimer l’autre ainsi ?

L’agresseur : cet adulte, ce « salaud » qui a abimé, détruit un enfant …. Il ne mérite même pas notre prière … c’est malheureusement souvent la réaction des personnes à qui ont parlent de notre œuvre.

Pourtant cet adulte est lui aussi digne de notre prière, digne de notre regard fraternel, digne de notre amitié en Christ. Lui aussi, tout comme sa victime, sont créatures de Dieu aimés par lui de façon  incommensurable et entière. Bien sûr la justice humaine est nécessaire pour que chacun puisse se reconstruire enfant comme adulte mais une autre justice, divine cette fois, ne gradue pas les peines si le cœur se convertit. Ainsi chaque priant qui reçoit le prénom d’un adulte doit le présenter à Dieu tout comme il a présenté l’enfant. Prier pour que le système carcéral ne détruise pas un peu plus le cet adulte et qu’il puisse trouver sur sa route des personnes qui lui dise que lui aussi est aimé au-delà de tout ce que la raison peut concevoir.

« La dignité humaine, c’est le Christ en croix » qui par sa mort au calvaire, a offert  à tous, victime, coupable, enfant, adulte cet habit blanc de toute personne sauvée. Que chacun d’entre nous, et moi la première, puissions donner toute mesure à cette phrase de l’hymne «  Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? ».

Mona

* La Fraternité du Bon Larron   a été fondée en 1981 par le Père Yves Aubry, premier aumônier de la prison de Bois d’Arcy (Yvelines). Elle est une association catholique dont la  vocation est d’accompagner les détenus et sortants de prison par la correspondance, la prière et l’accueil amical.

Plus d’informations :  http://bonlarron.org

Ci-dessous un texte envoyé, pendant la Semaine Sainte, par un de nos priants suite à l’incendie de Notre-Dame de Paris :

 

 

Il est un brasier infiniment plus intense que celui qui a abîmé la cathédrale Notre-Dame. Plus discret, mais ô combien plus profond que tous les feux de haine déchirant notre humanité blessée: l'amour miséricordieux infini et inconditionnel de Dieu pour tous, dans lequel le mal sera consumé jusqu'à la racine, et à la lumière de laquelle se manifeste la dignité infinie de toute personne humaine. Ce feu de la miséricorde ne s'éteint jamais, il est le feu qui guérit, console et pardonne. Ce feu ne craint ni la haine, ni le mépris, ni les rancœurs, il les surpasse tous: "Il faut allumer ce feu de la grâce de Dieu, il faut allumer ce feu de la miséricorde". "Dans la miséricorde de Dieu, le monde trouvera la paix et l'homme trouvera le bonheur"
 

 

Alexandre G.

 

 

 

 


Deo gratias

n°78 - mars 2019

 

Bonjour à tous et à toutes,

 

   * Tout d‘abord un grand merci pour votre soutien, vos prières, vos conseils suite à mes interrogations quant à l’avenir d’UEDLP et également pour les dons en argent et en timbres. Et puis deux petits clins d’œil de la Providence ont éclairé mon chemin :

 

-          d’abord une citation de mon évêque Mgr Jacques Benoit-Gonnin : « Dieu donne la visibilité pour le pas d’aujourd’hui ».

 

-          et une petite phrase de Jacques Loew sur une carte envoyée par l’un d’entre vous : « C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière ».

 

Alors Deo gratias pour ce maintenant, cet aujourd’hui, même s’il est assombri par mon manque de confiance en la volonté du Seigneur.

 

 

 

*  Deo gratias également pour le très beau rassemblement diocésain vécu à l’église de Jésus Miséricordieux à Cambuston sur l’ile de La Réunion le 17 février dernier. Grâce à l’engagement et à l’efficacité de Père Christian Chassagne et de Marie-Céline Bret, nos référents UEDLP sur ce diocèse, 400 personnes se sont rassemblées pour célébrer la gloire de Dieu.

 

Je ne résiste pas à vous partager la réaction d’Antoine :

 

« Je rentre de Cambuston où l'Esprit Saint m'a conduit aujourd'hui pour le rassemblement annuel.  L'on ne rentre pas chez soi comme en l'ayant quitté le matin après une telle belle journée de ferveur.  Force et confiance sont les mots qui me viennent. J'ai pu partager avec des nouveaux et futurs priants.
C'est du bonheur pour cette œuvre qui vous lie et nous permet d'internationaliser nos prières. Malgré les difficultés rencontrées, (route du littoral fermée) nous étions suffisamment nombreux selon le  Père Christian que nous apprécions de retrouver.  L'Esprit-Saint nous permet de partager sur tous les plans dans cette journée fraternelle. Et rendez-vous est déjà pris pour 2020 avec l'approfondissement dans la connaissance de St Claude La Colombière. Remerciement à Dieu par l'Esprit agissant et bonne suite dans cette bonne année. »

Bon Carême à chacun.                                                                                                                                                 Mona        

 

* Nous avons reçu de nombreuses réactions après la publication du témoignage de Patrick Gody, dans le n° 79 de notre bulletin, auxquelles Père Bruno souhaitait répondre :

 

 Chers amis,

 

Le témoignage bouleversant, bousculant, du feuillet de Noël a amené diverses réactions, douloureuses, choquées ou de profonde communion.

 

Nous redire, même si l'évocation de l'horreur est épuisante à réentendre, que Noël n'est pas d'abord une petite fête gentille, ou même un besoin de souffler, d'avoir une parenthèse, une trêve, dans le déferlement de ce mal qui chaque jour nous arrive par vagues dans les médias. Mais Noël, c'est pour le chrétien, la lumière qui survient dans les ténèbres.

 

Sur les tableaux de la Crèche, on trouvait autrefois au bas de la mangeoire, soit un agneau des bergers aux pattes liées, annonciateur de la passion, soit même une couronne d'épine. C'est peu dire que Noël est introduction tout à la fois au Jeudi Saint (mangeoire), au Vendredi Saint et la Pâques du Seigneur.

 

UEDLP pourrait enfouir de tels textes ou, les publiant, les analyser, régir, argumenter avec ou contre, contextualiser. Mais nous croyons qu'il faut d'abord entendre ces mots du cœur et entendre l'appel à la prière plus insistante, plus endurante.

 

Redire enfin qu'UEDLP, c'est TOUTE maltraitance subie ou infligée. Mais comment ne pas entendre comme chrétiens ce qui se joue dans ce creusement du péché particulier qui se révèle jusqu'au cœur de notre Église, de son magistère !

 

Creuser la blessure ... ce n'est pas qu'un joli slogan, c'est une opération chirurgicale dont Dieu est lui-même le mystérieux chirurgien.

 

Noël et Pâques sont victoire, mais du crucifié ... pour que coule la Miséricorde.

 

Bon chemin de Carême : même en désert chacun peut revenir à la source de notre foi

 

Deo gratias.

                                                                     Père Bruno

 

 

 

 

* Enfin, un grand merci à Michèle Peyret de nous avoir envoyé cette poésie que nous vous proposons de méditer tout en priant pour les victimes et les auteurs des crimes de pédophilie dans l’Église. Que dans le cœur de chacun, une fois que seront mises à nu ces insupportables blessures, ces dernières reçoivent le baume salvateur de la Miséricorde.

 

Prions aussi pour tous les prêtres qui humblement et chastement demeurent les serviteurs de Notre Seigneur et nous offrent les sacrements de sa Miséricorde.

 

Prions pour notre Pape et nos évêques pour qu’ils puissent, par-delà le scandale, œuvrer pour la seule Gloire de Dieu.

 

 

 

Pourquoi le mal ?

 

 

Pourquoi la souffrance ?

 

Pourquoi la permets-Tu ?

 

Pourquoi ce mal immense ?

 

Cette douleur qui nous tue ?

 

 

 

Eternelle question

 

Toujours sans réponse

 

Brûlante interrogation

 

Qui dans la nuit nous enfonce.

 

 

 

Toi, Dieu Tu n’as pas de baguette magique

 

Tu ne nous prends pas pour des esclaves

 

Tu t’investis de compassion authentique

 

Et ce sont tes saintes plaies qui nous lavent.

 

 

 

Toi, ô Christ, Tu nous réponds par ta croix

 

En venant la vivre avec nous jusqu’au bout

 

Et dans cet amoureux combat

 

Tu nous sauves dans l’amour le plus fou.

 

 

 

Ici-bas rien n’est pire

 

Que de voir souffrir un enfant

 

Ses larmes nous inspirent

 

La compassion et le déchirement.

 

Notre seule réponse instinctive

 

Est de le prendre dans nos bras

 

Avec cette peine si vie

 

Qui nous porte à le sortir de là.

 

 

 

Nous n’avons pas d’explication

 

Mais des solutions humaines

 

De compassion et de pardon

 

Qui nous font supporter nos pires peines.

 

 

 

La misère est un scandale

 

Et dans un monde individualiste

 

On finit par considérer ce mal

 

Comme si c’était fatal qu’il existe.

 

 

 

Humbles et aimants

 

Au milieu de tous nos frères

 

Toi, ô Christ, Tu marches devant

 

Et Tu nous espères.

 

 

 

Heureux ceux qui se lèvent

 

Pour soulager et rencontrer nos frères

 

Et qui toujours ont sur les lèvres

 

Le mot d’amour qu’ils espèrent.

 

 


 

Réparation pour le Saint Nom de DIEU,

Son Église et Son Œuvre

n°79 - Décembre 2018

 

Bonjour à tous et à toutes,

En cette fin d’année plusieurs sentiments se bousculent dans mon cœur quant à l’avenir d’UEDLP.

-          Comment continuer à vous envoyer les bulletins trimestriels aux plus de 1400 priants-courrier avec cette nouvelle augmentation du prix du timbre annoncée en janvier 2019 : 0.88€ pour la lettre verte et 1.05€ x2 pour les envois vers nos priants à l’étranger (entre 8 et 10% de +).

Encore merci à tous ceux qui nous font parvenir des timbres régulièrement qui sont de plus en plus essentiels à notre fonctionnement.

-          Malgré le dévouement du Père Christian et de Marie-Céline à La Réunion, les différentes rencontres ne se soldent que par une mobilisation modeste des priants.

-          Enfin de nombreuses rencontres pour lesquelles nous avons lancé des invitations n’ont eu aucun écho ou si peu : 5 personnes lors de notre conférence en mars à Beauvais et à deux voix avec Ludo du Bon Larron qui était venu du Sud de la France. A Thiais le 2 juin, 1 seule personne. Quelques personnes également au Sanctuaire des Hauts Buttés le 2 août…

Nous connaissons votre prière fidèle pour l’enfant et pour l’adulte, mais sans votre aide à nous faire connaitre, sans votre volonté à « être disciple du Christ » en invitant d’autres chrétiens à nous rejoindre, sans votre prière pour que notre œuvre se développe… UEDLP ne pourra poursuivre sa mission à faire connaitre la Miséricorde.  Alors merci de votre aide, merci de votre prière et

 

TRÈS BELLE FÊTE DE LA NATIVITÉ

et TRÈS BONNE ET SAINTE ANNÉE 2019

 

Mona

 

Merci à Patrick Gody, priant UEDLP, pour ce  beau texte que nous vous proposons – avec son accord –   de découvrir :

Réparation pour le Saint Nom de DIEU,

Son Église et Son Œuvre

 

Toi seul sait depuis combien de temps Ton Église baigne dans la pourriture de la pédophilie,

Et Toi seul sait qui a commis ces crimes  et qui  a refusé de les dénoncer par ‘’obéissance’’ non pas à Ton Saint Nom, mais à satan.

Ainsi satan a pu prospérer au cœur de Ton Eglise avec la bénédiction de tous ceux qui ont parlé de Toi avec des mots qui ont retenti comme des cymbales, tandis qu’ils ne sont  que des sépulcres blanchis.

Leurs mains ont servi à donner ton corps et ton sang qu’ils ont souillé en permanence, après avoir souillé le corps, le cœur, et l’âme de tes petits.

Comment des hommes ‘’dits’’ de DIEU qui s’époumonent à nous faire croire qu’ils ont été appelés par Toi, peuvent-ils avoir répandu la pourriture, tout et en étant protégés par d’autres  sans qu’aucune de leur conscience ne se révolte ?

Comment ont-ils pu regarder la Croix de Ton Fils sans défaillir face à l’innommable de leurs actes répétés ?

En Matthieu 18,5 je rappelle les Paroles de ton Fils Jésus, d’une clarté absolue, sur lesquelles chaque criminel qui a commis et/ou omis  doit méditer jusqu’à temps de baigner dans une rivière de larmes purificatrices.

‘’Qui accueille en mon nom un enfant comme celui-là, m’accueille « moi-même »

Christ ne nous dit-il pas là ? ‘’Ce que vous avez fait à cet enfant, c’est à moi que vous l’avez fait ‘’!!!

Cela est confirmé par ces autres paroles en Luc 17;1-2

‘’Il est inévitable qu’il y ait des causes de chute. Mais malheureux celui par qui  la chute arrive. Mieux vaut pour lui qu’on lui attache au cou une meule de moulin et qu’on le jette à la mer et qu’il ne fasse pas tomber un seul de ces petits. Tenez-vous sur vos gardes.’’

Tu sais que j’ai  également été confronté à  cette horreur en août 1964 à l’âge de 11 ans, mais que j’ai trouvé la force de repousser celui qui a tenté d’abuser de mon innocence et que je l’ai dénoncé !

Tu sais également qu’à la suite de cela j’ai fermé la porte de l’Église et que je t’ai fermé la porte.

Et dans ton immense Amour tu m’as fait traverser un désert de 40 années jusqu’à ce jour béni du 06 Octobre 2006, où  Tu m’as envoyé Ton Fils qui m’est apparu dans Son Corps de Lumière.

C’est  aussi pour cela  que tu me donnes la force et le devoir de poser cet acte de réparation.

Dans ces conditions d’infamie et de trahison permanentes, faut-il encore s’étonner du si peu de  spiritualité en ton église et du déclin de plus en plus marqué de celle-ci ?

Le monde est entre les mains de satan et si tu ne portais pas l’Église avec Ton Fils, elle n’existerait plus.

Maintenant que  le temps  est  venu de la libérer  de cette ignominie, au nom de la radicalité du lien qui unit chaque chrétien à Ton Fils Jésus, un changement  tout aussi radical doit être initié, et ce, jusqu’à temps  que tous ceux qui ont œuvré pour satan soit par commission, soit par omission, soient définitivement écartés parce que leur père c’est le diable et non Toi !!

C’est alors que tu pourras envoyer de nombreux ouvriers pour une  moisson nouvelle si tel est Ton Souhait.

Et tandis que notre monde humain est entré depuis l’ère de l’industrialisation, dans l’obsession  de l’augmentation d’un taux de croissance qui finira carbonisé sur l’autel du ‘’fini humain,’’ je lance ce  cri  vers Toi pour que naisse dans les cœurs et les âmes la prise de conscience que seul Ton Amour peut faire grandir éternellement le  taux de  croissance de Ta Spiritualité Infinie.

Enfin, au nom de l’Amour que Tu  Es et des ¨Paroles de Ton Fils en Matthieu 5 ; 43-45, il reste pour tous ceux qui sont encore debout et qui veulent et doivent le rester par fidélité à Ton Saint Nom, religieux et  laïcs confondus, à prier toujours plus pour ces âmes actuellement damnées, afin qu’elles te reconnaissent Toi et Toi Seul, et  qu’elles soient je le souhaite de tout mon cœur autant que de toute ma douleur, arrachées des mains de satan.

 Patrick Gody, novembre 2018


 

La prière d’un pauvre,

qui prie pauvrement

pour d’autres pauvres

n° 78 - juin 2018

 

 

Bonjour à tous et à toutes,

Rendons grâce au Seigneur pour cette belle rencontre vécue auprès de la Communauté des Annonciades de Thiais ce 2 juin dernier.

Rendons grâce au Seigneur pour le beau témoignage d’une des sœurs de cette communauté. Par une seule petite phrase, elle nous a dit son cœur en disant : « Je vous assure de ma prière pour mes deux petits. ».

Combien il est réjouissant t’entendre ces mots et combien ils peuvent nous aider à laisser le Seigneur nous guider à prier d’une même compassion pour l’enfant maltraité et l’adulte maltraitant qui nous sont confiés.

Rendons grâce au Seigneur pour Mickaël Jouffroy qui a été ordonné prêtre ce dimanche 17 juin en la cathédrale de Beauvais.

Et unissons notre prière pour Sébastien qui chemine vers l’ordination diaconale en octobre prochain.

Tous les deux sont priants UEDLP depuis des années et tous deux du Diocèse de Beauvais.

Rendons grâce au Seigneur pour l’invitation que nous a été faite de participer le jeudi 2 août au pèlerinage de la Portioncule au Sanctuaire Saint Antoine des Hauts-Buttés à Monthermé dans les Ardennes françaises et d’y témoigner. Nous espérons vous croiser et prier avec vous, notamment avec nos amis belges, priants UEDLP ou non.

Enfin nous souhaitons à tous ceux et celles qui pourront en profiter de bonnes vacances estivales … ou hivernales, selon l’hémisphère où l’on se trouve… et notamment  à nos priants sud-américains, africains, australiens, malgaches,  mauriciens et réunionnais.

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La prière d’un pauvre,

qui prie pauvrement pour d’autres pauvres.

 

LE péché, finalement, ce ne sont pas les gros péchés tels qu’ils apparaissent à nos yeux.

LE péché, c’est le manque de Miséricorde, l’incapacité à être Miséricordieux.

LE péché, c’est le refus de faire Miséricorde.

C’est LE péché, car contre cela, Dieu lui-même qui nous a créé à son image, libres, ne peut rien.

La Petite Thérèse l’avait bien senti : « On pourrait croire que c’est parce que je n’ai pas péché que j’ai une confiance si grande dans le bon Dieu. Dites bien, ma Mère, que, si j’avais commis tous les crimes possibles, j’aurais toujours la même confiance ; je sens que toute cette multitude d’offenses serait comme une goutte d’eau jetée dans un brasier ardent. »

Ceci acquis, Dieu me sera miséricorde, il reste à ce que moi, je devienne aussi miséricorde, car nous lui demandons à l’enseignement du Sauveur : pardonne-nous comme nous pardonnons aussi (Mt 6,12). Et aussi : c’est à la mesure dont vous pardonnerez qu’il vous sera fait miséricorde (Mt 7,2). Et ce refus révèle alors que je croyais être avec et chez le Père, mais qu’en vérité, je suis dehors, refusant d’entrer (Luc 15, 28)

Les broutilles d’un ami, je sais pardonner.

Mais ce pardon, jusque-là, de la méchanceté des méchants … Ça, je ne le sais pas. Le mal qui parfois même se renouvelle, épuise ma pauvre bonne volonté qui s’essayerait même à pardonner.

Et quand bien même ce mal appartient au passé, ce souvenir me ronge, la douleur encore active qui m’assaille, jusque dans mes cauchemars.

Et surtout, si Dieu pardonne, je ne peux imaginer et encore moins désirer me retrouver un jour réconcilié avec cet autre, celui qui m’a blessé, au ciel. Si Dieu le sauve, je peux aller jusqu’à demander à me retrouver en enfer pour ne pas vivre le face-à-face.

Alors il me reste, même de mauvaise bonne volonté, à obéir à l’injonction du Christ : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous persécutent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent (Mt 5, 44).

Tel peut refuser … c’est trop énorme, impossible.

Mais moi, j’ai essayé … et j’ai réussi.

Mais, peu à peu, j’ai réalisé que ma prière était bien pauvre. Je priais de fait pour telle ou tel, mais avec un cœur dur, méprisant, sans beaucoup d’espérance de leur conversion, et surtout, sans joyeux désir de les retrouver, un jour, au ciel.

Bref, j’ai découvert que ma prière pour ces pauvres, était une pauvre prière.

Dieu me pardonne à chaque confession, et peu à peu, il m’a rappelé mes péchés et m’a invité à ne pas comparer. Mon jugement sur les autres que je n’aime pas, ou si mal, si difficilement, est sévère, dur, et toujours injuste.

Et moi qui compare, qu’est-ce que je sais de leur degré de responsabilité ?

Et surtout, Dieu qui pourrait comparer et tous nous damner, n’aime pas la mort du pécheur (Ez 18, 23), alors que pour moi, la mort de ces ‘salauds’, ces autres, ne m’est pas si insupportable. Et si mes fautes me semblent mineures, peccadilles, est-ce que je mesure la grâce d’avoir été sauvegardé des grands péchés, et que ma vertu est toute grâce de Dieu dont la miséricorde m’a devancé.

Bref, quand je prie, j’ai appris à ne jamais oublier que je ne suis pas un riche qui prie. Cela, c’est la prière du pharisien. Mais que je ne peux prier légitimement que si je sais que je suis moi-même pauvre gracié.

Il n’y a que Christ qui a été un riche qui a légitimement prié richement pour les pauvres. Car dans sa tendresse, il a su se faire pauvre pour nous rejoindre et nous sauver.

Finalement, j’ai découvert que la prière ne vaut que si elle est celle d’un pauvre qui sait prier pauvrement pour un autre pauvre.

La prière de l’arrogant ne sert pas Dieu et dessert même le priant.

Seule la prière d’un pauvre priant pauvrement pour un autre pauvre peut être agréée du Père, et servir au chemin de cet autre pauvre que Dieu veut confier à ma pauvre prière.

On voit bien que notre prière en UEDLP nous conduit à cette conversion de nos prières.

Quel cadeau de le découvrir et de pouvoir en vivre !

Mona et Père Bruno

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Seigneur, nous voulons prier pour les bourreaux, mais tout seuls, nous n'y arrivons pas.

Dans ce monde de barbarie, comment vivre en vérité ton second commandement ?

C'est toute l'humanité qui est malade. Nous confondons justice et pardon,

Nous ne savons pas comment prier d'un cœur sincère pour ceux qui torturent et qui tuent.

Toi, Seigneur, tu as souffert de la méchanceté des hommes,

et tu n'as retenu contre eux qu'amour et compassion devant leur aveuglement.

Que peuvent apporter de plus à l'immensité de ta miséricorde nos prières défaillantes ?

Et pourtant, Seigneur, nous osons croire que tu attends de nous non seulement de lutter pour que cesse un jour cette déchirure profonde dans notre humanité, mais un surcroît d'amour qui nous associera à ton œuvre de rédemption.

Début de la « Prière pour les bourreaux » de l’ACAT


La nécessité de rendre

le monde plus humain

n°76 - mars 2018

 

Bonjour à chacun et à chacune d’entre vous. Que le Seigneur vous bénisse.

Merci Seigneur pour tant de bienfaits !

Notre œuvre vit son "bonhomme de chemin" commencé le 15 février 2000, il y 18 ans désormais. Que de grâces reçues au cours de ces nombreuses années.

Merci Seigneur pour tant de bienfaits !

o pour les deux rencontres vécues sur le diocèse de Versailles:

o un grand merci à la Paroisse des Mureaux et en particulier à ses prêtres et à Christiane Robeiri pour la belle rencontre vécue le 24 février.

o   un grand merci également au Père Dominique et à son équipe pastorale pour avoir organisé un temps d’action de grâce et de fraternité le 4 mars à Sartrouville.

          Merci Seigneur pour tant de bienfaits !

 o pour le témoignage commun de Ludovic Perez de la Fraternité des prisons « Le Bon Larron » et d’UEDLP qui aura lieu le 16 mars à 20h00  à la maison diocésaine de Beauvais. (101 rue de la Madeleine)

         Merci Seigneur pour tant de bienfaits !

o  pour le rendez-vous que nous vous proposons le 2 juin au  Monastère de l’Annonciade de Thiais (38 Rue Jean François Marmontel, 94320 Thiais)

En ce temps de Carême, nous vous proposons de méditer un texte de Saint Jean-Paul II. Puisse-t-il éclairer notre regard que nous portons aux autres, ceux pour qui notre cœur est de pierre, ceux pour qui notre cœur n’est pas encore assez miséricordieux .

 

La nécessité de rendre le monde plus humain

 

«  Si le pape Paul VI a indiqué à plusieurs reprises que la « civilisation de l'amour » était le but vers lequel devaient tendre tous les efforts dans le domaine social et culturel comme dans le domaine économique et politique, il convient d'ajouter que ce but ne sera jamais atteint tant que, dans nos conceptions et nos réalisations concernant le domaine large et complexe de la vie en commun, nous nous en tiendrons au principe « œil pour œil et dent pour dent » (Ex 21,24; Mt 5,38), tant que nous ne tendrons pas, au contraire, à le transformer dans son essence, en agissant dans un autre esprit. C'est aussi dans cette direction que nous conduit le Concile Vatican II, lorsque, parlant d'une manière répétée de « la nécessité de rendre le monde plus humain » (GS 40), il présente la mission de l'Église dans le monde contemporain comme la réalisation de cette tâche. Le monde des hommes ne pourra devenir toujours plus humain que si nous introduisons dans le cadre multiforme des rapports interpersonnels et sociaux, en même temps que la justice, cet amour miséricordieux qui constitue le message messianique de l'Évangile.

      Le monde des hommes pourra devenir « toujours plus humain » seulement lorsque nous introduirons, dans tous les rapports réciproques qui modèlent son visage moral, le moment du pardon, si essentiel pour l'Évangile. Le pardon atteste qu'est présent dans le monde l'amour plus fort que le péché. En outre, le pardon est la condition première de la réconciliation, non seulement dans les rapports de Dieu avec l'homme, mais aussi dans les relations entre les hommes. Un monde d'où on éliminerait le pardon serait seulement un monde de justice froide et irrespectueuse, au nom de laquelle chacun revendiquerait ses propres droits vis-à-vis de l'autre...

      C'est pourquoi l'Église doit considérer comme un de ses principaux devoirs -- à chaque étape de l'histoire, et spécialement à l'époque contemporaine -- de proclamer et d'introduire dans la vie le mystère de la miséricorde, révélé à son plus haut degré en Jésus Christ. »

Saint Jean-Paul II

Encyclique « Dives in misericordia » ch. 7, §14

(trad. © Libreria Editrice Vaticana)

 

On a beau être prêtre depuis plus de 30 ans, on en découvre sans cesse, c’est évident, mais c’est aussi merveilleux !

Voici peu, je découvrais la “Messe 43” du Missel Romain qui nous invite à “Prier pour ceux qui nous font du mal” … Quelle justesse.

Je découvre aussi peu à peu combien le thème de la Miséricorde arrive, je pourrais dire, des deux côtés, des deux cœurs des deux Saints Cœurs de Jésus et Marie.

On le sait du côté du Sacré Cœur, au XVI° siècle avec Sainte Marguerite-Marie et notre saint patron Saint Claude La Colombière, et au XX° siècle avec Sainte Faustine et Saint Jean-Paul II.

Mais je réalise, si je peux dire, qu’il en va de même du côté du Saint Cœur de Marie.

A Lourdes, voici 160 ans, il était demandé de prier “pour les pêcheurs” et à Fatima, il y a 101 ans, il était demandé aussi de prier et de faire pénitence “pour le salut des âmes qui en ont le plus besoin”.

Si on contemple un peu ces divers messages, force est de constater que tout converge.

Là encore, c’est évident de la part du Ciel, du Fils de Dieu et de sa Mère en si parfaite union, et c’est beau à contempler !

Je n’y peux rien, je suis touché, et je suis heureux de vous partager ce qui surgit dans ma prière et ma contemplation.

Le Ciel ces deniers siècles, focalise son œuvre sur ce décentrement de notre prière.

Voici un siècle, on priait encore à ce qu’il parait, en chantant : “Je n’ai qu’une âme, et je veux la sauver !” … qu’une âme … la mienne seule semble m’intéresser.

Aujourd’hui, on décentre le regard, on inverse l’intention :”Je n’ai qu’une âme à sauver, celle de plus pêcheur d’entre les hommes”

Vous en conviendrez, en soi, rien de neuf. Tout ceci n’est que du pur Évangile : le Bon Pasteur cherche … la centième brebis.

Mais il semble que le Ciel sente la nécessité de nous le rabâcher infiniment.

Et UEDLP est heureux de concourir, à sa modeste place, à cette évangélisation de notre prière de chrétiens souvent un peu païens !

Quel bonheur!

Père Bruno

 

 

Enfin un très beau témoignage d’une priante, Agnès :

« Votre belle proposition, prier pour l’enfant, l’innocent, la victime, ET pour la personne qui lui fait du mal, continue à me faire voire la vie autrement. A ces 2 prénoms, j’ajoute le mien pour constituer un " petit groupe de 3 pauvres pèlerins " dont le Point Commun est ce désir de bonheur, de lumière, de paix, d’amour, de pardon = Jésus.

Je rêve que nous 3, pauvres pèlerins, nous retrouvions un jour, tout heureux, tout contents, sauvés ! Pour Chanter notre grande louange émerveillée à Notre Père. C’est un peu comme ça que je vois les choses en ce moment. »


COLÈRE ET MISÉRICORDE

n° 75 - Décembre 2017

 

Bonjour à chacun et à chacune d’entre vous.

 

En cette fin d’année rendons grâce à Dieu pour toutes les personnes que nous avons rencontrées et tous les lieux où UEDLP a été accueilli : le Canada, l’Ile Maurice et de nombreux diocèses français : La Réunion, Arras, Reims, Moulins, Créteil, Clermont-Ferrand, et bien sûr de Beauvais, notre diocèse.

Et pour répondre à la question d’une priante du diocèse de Dijon reçue il y a quelques jours avec des  timbres si précieux à la poursuite de nos envois : « Avez-vous de nouveaux priants ? J’en étais à 3500. ».  Eh bien, nous avons dépassé en novembre les 4500 priants !

Gloire et louange à toi Seigneur !

Notre prochaine rencontre aura lieu le samedi 24 février après-midi dans la paroisse des Mureaux dans le diocèse de Versailles. Plus d’informations vous seront communiquées via notre site et Facebook. Néanmoins, vous pourrez contacter Christiane Robeiri des Mureaux par courriel : lepoivron@hotmail.fr 

Enfin nous vous souhaitons un  TRÈS BEAU ET SAINT NOËL

 

COLÈRE ET MISÉRICORDE

En lisant le magazine diocésain « Missio », distribué gracieusement dans de nombreuses paroisses par des bénévoles – que je remercie grandement –, un éditorial de mon évêque m’a donné à méditer :

Colère ? Et après ?

A un moment ou à un autre, la colère est une réaction naturelle qui surgit dans le cœur de tout être humain. En schématisant, il est possible de lui voir deux sources. L’une plonge dans un « ego » blessé, tenté par la violence et la suppression de l’adversaire ; l’autre est provoqué par une forme d’injustice en certaines circonstances.

Le premier travail humain consiste à diagnostiquer la cause de la colère ; ensuite, pourra venir la réaction. Dans le premier cas, la reconnaissance de la part d’orgueil appellera une réaction faite d’humilité. Dans le second cas,  il s’agira de savoir comment établir la justice. Dans les deux cas, la colère ne saurait justifier la destruction de l’autre ! La maîtrise de soi et du recul aideront à construire un avenir juste et fraternel. Au-delà de la colère, l’important est l’avenir et sa fécondité dans la charité.

Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis

pour le département de l’Oise

reproduit avec l’aimable autorisation du journal Missio

 (n°17 – septembre 2017)

 

En fait, si j’ai résonné à l’article de mon évêque, c’est suite à ma réaction liée à l’annonce, par un de nos priants, d’un cas de maltraitance extrême et physique sur un petit garçon dont je tairai le prénom.

D’abord, la colère sourde et silencieuse devant tant d’horreurs décrites et ma prière pour l’enfant. Mais rien pour les adultes coupables ; mon cœur mais aussi ma conscience refusait la prière allant jusqu’à argumenter ma position devant Dieu. Cette colère avait obscurci la Miséricorde qui est à l’œuvre dans d’UEDLP.

Comment des parents peuvent faire  cela à leur enfant ? Comment voir ces personnes comme des frères et sœurs dignes de ma prière ? Il était évident que mon cœur n’était pas indifférent au sort de ses parents, mais si ma prière était, elle n’était que cris et réprobation et condamnation.

Il m’a fallu plusieurs longues heures pour que l’Esprit Saint puisse apaiser mon cœur.

D’abord la prise de conscience de cette colère, puis par la grâce de la conversion, la re-connaissance de ces adultes « pauvres » comme mon frère et ma sœur, eux aussi, créés par Dieu et aimés du même Amour que moi.

Par mes forces seules, la colère aurait pu persister, voire se transformer en haine et en sentiment de vengeance. Mais avec la force de l’Esprit, la grâce de la prière m’a été redonnée. Car comme il est dit au chapitre 15, versets 4-5 de l’Évangile selon Saint Jean, je ne puis rien sans l’aide du Christ :

« Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. »

Comme le dit Mgr Benoit-Gonnin : « Au-delà de la colère, l’important est l’avenir et sa fécondité dans la charité ».

Aussi si mon cœur est prompt à condamner, par la grâce de Dieu, ma conversion devient source de miséricorde reçue et redonnée :

-          reçue dans le Sacrement de la Réconciliation,

-          redonnée par la prière renouvelée et revivifiée pour ces adultes qui font souffrir des enfants.

 Que le Seigneur donne à chacun et à chacune la grâce que j’ai reçue : celle d’entrevoir mon cœur de pierre se fissurer un peu pour que la Miséricorde fasse son œuvre d’Amour.

Telle est mon espérance et ma prière.

Mona


Visite à La Réunion et à Maurice

N° 74 – Septembre 2017

Bonjour et union de prière !

Au mois de juillet nous avons vécu un temps de grâce lors de notre visite à La Réunion et à Maurice.

Rendons grâce au Seigneur pour ces merveilleux moments et rencontres. Tant de temps de prière, de visages, de paysages sont gravés dans nos cœurs !

Merci Seigneur !

 

 A La Réunion avec Mona et le père Bruno du 11 au 16 juillet 2017

Le Seigneur a fait des merveilles ! Magnificat !

Avec cette belle œuvre de prière « UEDLP » la visite de Mona et du père Bruno dans notre diocèse est une grâce de l’année de la Miséricorde. En effet depuis l’Année Sainte de la Miséricorde les « Petites Flammes de Miséricorde » continuent à répandre le feu de l’amour et de la joie. Nous avons vu croître le nombre de priants après des temps forts de rencontres et d’actions de grâce. Nous nous sommes réunis dans deux des quatre églises où avait été  ouverte la Porte Sainte : à  Cambuston église Jésus Miséricordieux le 10 juillet 2016 et à Colimaçons Saint-Leu église du Sacré Cœur le 24 septembre 2016.

    Le 26 février 2017 nous avions rendu hommage à notre saint patron saint Claude la Colombière au cours d’une rencontre à Cambuston. Pour l’Eucharistie fervente et joyeuse le Seigneur nous avait fait un beau cadeau : nous avions fait la connaissance de Jean Noël DALY, qui nous faisait découvrir le chant « Un enfant dans la prière » et il est resté fidèle à nos rencontres UEDLP !

Gloire et louange à toi Seigneur !

Mona et le père Bruno nous ont partagé des moments forts vécus au cours de leurs diverses rencontres en France ou dans d’autres pays, en nous livrant aussi quelques-uns de nombreux témoignages qui les ont touchés.

Dans notre diocèse beaucoup de priants n’ont pas pu être avec nous en raison de leurs vacances en famille à la Réunion ou en Métropole. D’autres priants ont appelé : décès, soucis de santé…J’ai été très touchée... Quel attachement à cette belle œuvre de prière ! Nous les avons portés dans nos prières.

Nous, chrétiens, « les vrais chrétiens » comme le dit si bien, père Bruno », qui avons choisi de suivre Jésus, avons pour mission d’aider notre prochain, nos frères à choisir la bonne direction, à nous évangéliser pour évangéliser les autres.  C’est cela aussi notre rôle de priant, car nous avons à prier encore plus pour l’adulte maltraitant, le méchant afin qu’il retrouve Le Chemin ! L’enfant, l’adulte et le priant nous sommes « enfants de Dieu » et nous suivons  Ce Chemin pour grandir dans la foi afin d’être des témoins vivants de l’Amour de Dieu.

Avec la devise de « UEDLP : creuser  la blessure pour que coule la miséricorde » Mona et le père Bruno nous ont rappelé les trois principes de cette œuvre de prière : la gratuité, la liberté et l’endurance. Ce qui veut bien dire que nous n’avons aucune contrainte, et ce n’est pas « une chaîne de prière ».

Merci Seigneur

~ pour Mona et le père Bruno qui ont fait le déplacement. Ils nous ont vraiment réconfortés, non seulement en tant que priants ou futurs priants, mais en tant que baptisés : Dieu nous aime chacun tels que nous sommes ! Leur attachement à cette belle œuvre de prière et leur témoignage nous ont encouragés, aidés à avoir un cœur disponible à l’écoute de la Parole de Dieu, afin de découvrir ou redécouvrir l’Amour de Dieu et sa miséricorde infinie !

Merci Seigneur

~ pour le beau temps pendant toute la semaine, pour la route libre tout au long de nos déplacements car les planteurs avaient arrêté leurs manifestations.

Merci Seigneur

~ pour nos sœurs dominicaines de Saint-Denis et nos sœurs du Carmel des Avirons qui ont accueilli  Mona et le père Bruno.

Merci Seigneur

~ pour le père Bernard Antaya qui nous a aidés et soutenus dans l’organisation de ces rencontres malgré les charges de son ministère.

~ pour  les prêtres, les priants et leurs amis, qui  nous ont accueillis en paroisse, chaleureusement, dans la joie et la simplicité : La Source, Saint-Paul, La Ravines des Cabris, Colimaçons, Sainte-Rose et Cambuston.

~ nous avons pu vivre l’Eucharistie dans la joie et l’action de grâce : avec l’homélie du père Bruno, et bien sûr nous avons chanté « Un enfant dans la prière » qui résonnait dans notre cœur à chaque rencontre    

~ pour les moments fraternels « incontournables » autour des marmites pour le repas partagé, des belles rencontres qui nous ont permis de créer des liens d’amitié.

Merci Seigneur

~ pour la disponibilité de Mona et du père Bruno, à chacune des rencontres ils ont pris du temps pour se mettre à l’écoute des personnes désirant confier et partager leur situation personnelle : que de sourires et de visages épanouis au moment du départ ! Tous se pressant de faire leur inscription afin d’obtenir les prénoms….Mona avait tout prévu : elle avait sa liste sous la main !  

~ avec Marie à la suite de Jésus nous apprendrons à « rendre Amour pour Amour », devise du père Boiteau, à qui la paroisse de Cilaos avait rendu hommage. Quelle joie pour Mona de nous la faire intérioriser !

Merci Seigneur

~ pour Jean Noël DALY qui a mis en musique cette belle prière « Un enfant dans la prière »w, il nous a accompagnés avec ses amis lors de nos rencontres : que de joie et d’émotions lors de la messe de clôture à Cambuston en l’église Jésus Miséricordieux !

Merci Seigneur

~ pour Eulalie qui m’a donné son « OUI » pour m’accompagner lors des rencontres. Elle a été très heureuse, car c’était « son pèlerinage »…

-pour toutes les personnes qui m’ont soutenue et aidée dans toute l’organisation.

   Je rends grâce au Seigneur de m’avoir choisie pour cette mission avec Mona et le père Bruno

« Merveilles, Merveilles que fit pour nous le Seigneur » !

Unissons-nous à la Miséricorde de Dieu.

Bien fraternellement.

 

Marie-Céline, référente laïque UEDLP à La Réunion

 

Du 17 au 20 juillet : Maurice

De nouveau, il nous faut remercier le Père Christian Chassagne pour ses amis de l’ile Maurice, ile voisine de la Réunion, qu’il a intéressés à UEDLP et à notre accueil chez eux :

Merci donc d’abord au Père Jean-Claude Veder qui a tout organisé pour notre court séjour : messes, conférence, visites à des homes d’enfants, aux vicaires généraux, à l’institut de formation, aux médias diocésains, au Carmel ...

Merci aussi à ceux de la petite équipe si sympathique qu’il a mobilisée pour nous accompagner et introduire partout, à savoir Vylet Moothia et Vincent Seetaram.

Merci enfin, à Nicolas Prodigson, autre ami du Père Christian, qui nous a pris en charge dès l’aéroport puis a été d’un bel accueil, chez lui à sa table et nous véhiculant sur toute l’ile.

Père Bruno

 

Que de merveilleux souvenirs ! Tant de rencontres, de regards, de temps de prière, de repas, de chants partagés.

L’accueil si chaleureux au Carmel à Solferino, le témoignage devant des personnes âgées et leur dire l’importance de leur prière bien au-delà de leur sentiment de l’inutilité… et ces beaux moments passés avec les enfants que la vie a blessés, leurs rires et cette tendresse partagée et la joie de se savoir tous aimés par Dieu.

Enfin la messe à Pointe aux Sables animée par les hommes de ZVZ et cette fabuleuse matinée dans le quartier d’Anoska : que de joies ! Que de foi ! Merci Seigneur !                                                                                             Mona

 

Pour écouter le chant « Un enfant dans la prière » composé par Jean-Noël sur les mots d’une prière de Mona. Un grand merci également à Jean-Raymond et Grégory pour la guitare et les voix, merci de cliquer ICI


1917 - 2017 Fatima

n°73 - Juin 2017

Bonjour à toutes et à tous,

Tout d’abord, en ce mois de juin, nous vous souhaitons, pour ceux et celles qui pourront en profiter, de très bonnes vacances.

Qu’il soit donné à chacun(e) d’adorer Dieu dans sa Création :

« Ah! Seigneur Eternel, Voici, tu as fait les cieux et la terre

Par ta grande puissance et par ton bras étendu:

Rien n’est étonnant de ta part »       Jérémie 32,17

Un grand merci à tous ceux qui nous accueilli ces derniers mois et nous ont permis de présenter UEDLP :

-          Père Georges et Charles au Sanctuaire Saint Antoine des Hauts Buttés dans les Ardennes, fin avril.

-          Marie-Annick, responsable régionale et Gérard, responsable diocésain  des Équipes du Rosaire, lors du rassemblement diocésain à Moulins sur Allier, en mai.

Merci également à Emmanuelle-Elisabeth qui a organisé une nuit d’adoration aux intentions d’UEDLP à Sucy en Brie, mi-juin.

Un merci aussi :

-           au Père Bernard et à Marie-Cécile qui ont œuvré pour mettre en place notre venue et nos interventions à La Réunion du 11 au 16 juillet (nos ami(e)s réunionnais(e)s trouveront le programme en pièce jointe)

-          au Père Jean-Claude et à Nicolas qui ont œuvré pour mettre en place notre venue et nos interventions à l’ile Maurice du 17 au 20 juillet (nos ami(e)s mauricien(ne)s trouveront le programme en pièce jointe)

Merci de nous accompagner par votre prière fraternelle lors de ces séjours qui nous permettrons de rencontrer les très nombreux priants de l’Océan Indien.

 

« 1917-2017 Fatima »

 

Comme beaucoup en ce printemps, nous avons pu célébrer le Centenaire des apparitions de Fatima, et nous étonner sans devoir être surpris, au-delà des apparences, de retrouver là encore, ce même thème de Miséricorde.

Les apparences, c’est le côté qui semble bien vieillot aux modernes que nous sommes, en 2017, de l’enfer. En effet, il y a juste un siècle, en juillet 1917, entre autres apparitions, messages et visions, Marie va faire voir aux trois enfants, l’enfer.

Aujourd’hui, cela nous choque. Pourquoi Marie montre-elle aux enfants ce spectacle de l’enfer ?

On peut imaginer une première réponse : ce serait pour les effrayer, et les inviter de façon décisive à choisir le chemin du ciel.

Mais cela n’est pas dans l’ordre de l’Amour, et ces enfants sont plutôt de gentils enfants, déjà bien orientés vers le ciel. Ce ne peut donc être cette raison.

On peut imaginer une seconde raison : ce serait pour leur confier un message, message de menace, à transmettre de façon décisive à ceux de ces hommes qui s’obstinent dans le péché grave, de blasphème contre Dieu et d’injustice envers leurs semblables.

Mais, cela n’est pas non plus dans l’ordre de l’amour et moins que jamais, cette menace n’impressionne aujourd’hui le pécheur endurci, et puisque Dieu n’aime pas la mort du pécheur, il faudrait autre chose pour amener celui-ci à se convertir.

En fait, il doit y avoir une troisième raison, qui sera la bonne : si le ciel informe les enfants du drame de l’enfer, c’est pour les inviter eux, à entrer en plus grand amour envers les pécheurs, pour s’immerger dans la prière et la pénitence pour la conversion et le salut des pécheurs.

C’est pour inviter ces enfants à progresser en vie chrétienne afin de devenir miséricordieux comme le Père

C’est pour éveiller leur cœur à ce désir de salut envers ces frères pauvres, endurcis dans le péché.

On retrouve le même engagement de Thérèse de Lisieux envers Panzini qui va être guillotiné. Condamné à mort sur la terre par la justice des hommes, il faut surtout le sauver de la mort éternelle.

Et vous imaginez aisément, on retrouve Un Enfant Dans La Prière, dont le message est de même nature, non seulement aider l’enfant maltraité à vivre un chemin de résilience, de résurrection, mais aussi, le maltraité à sortir de son péché, de son crime, afin que lui aussi, se convertisse, retrouve sa vocation d’enfant de Dieu et de frère de sa victime.

La conversion des trois enfants à cette compassion pour les pécheurs endurcis en péril d’enfer est de même nature évangélique que la compassion qu’UEDLP propose non seulement envers la victime mais aussi envers le méchant, afin qu’il soit sauvé. Et comme les trois enfants, le priant en UEDLP est invité à devenir prière pour le maltraitant.

Il faudrait juste ajouté, éclairés par le massage de Fatima, à devenir prière ET pénitence.

Thérèse, Fatima, UEDLP sont de même nature, évangélique. Il est donc normal de repérer ce même essentiel :

-          la vie chrétienne, n’est pas un appel à devenir des justes, pour sauver notre vie ; en cela, nous serions encore égoïstes.

-          la vie chrétienne, c’est un appel à vouloir pour les autres la miséricorde que nous savons avoir reçue nous-même de Dieu ; en cela, nous devenons généreux comme le père.

Bien sûr, c’est Christ seul par sa croix qui nous sauve, mais il veut que nous entrions dans son ouvrage, il veut nous associer à l’œuvre du salut, chacun un peu, et Marie totalement.

Ainsi va la justice de l’évangile, qui veut que les chrétiens progressent en compassion pour les pécheurs, afin que, par leur prière et leur pénitence, ils s’unissent à la Miséricorde de Dieu.

C’est peut-être ainsi que nous deviendrons saints, non pas juste pour être nous-même sauvés, mais généreux en intercédant pour le salut des autres.

C’est ce qui manquait aux pharisiens, qui eux aussi avaient le souci de leur propre salut et étaient indifférents et même hostiles envers les pécheurs qu’ils ne considèrent pas comme leur frère en état de mort spirituelle, Luc 15, 32.

Saurons-nous, en ce centenaire de Fatima, avoir entendu ce message de Marie - aux trois enfants, aux témoins d’alors et à nous aujourd’hui -  que le ciel compte sur nous pour aider les autres, par une prière plus intense et une pénitence aussi renouvelée.

Grandirons-nous dans cet amour du Père pour les pécheurs en ayant comme le Père, cette compassion pour le salut des pécheurs, non pas seulement pour éviter un enfer si nié aujourd’hui, mais aussi pour leur éviter un dur purgatoire.

Prières de l’Ange et de Notre Dame, apprises aux enfants :

« Ô mon Jésus, pardonnez-nous tous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer, et conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. Et que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts, reposent en paix »

« Ô Jésus, c'est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, pour le Saint Père, et en réparation des outrages commis envers le Cœur Immaculé de Marie, que je veux offrir cette pénitence »

« Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas »


Miséricordieux comme la Mère

n°72 - Mars 2017

 

Bonjour à toutes et à tous,

Ce début d’année est déjà inondé de grâces :

-          nous sommes plus de 4000 priants dont plusieurs dizaines depuis le début de cette année.

 


-          Sœur Carmen Gravel a été nommée par le cardinal Lacroix, référente à Québec aux côtés de Père Loyola Gagné. Que tous deux soient remerciés pour leur dévouement.

-          UEDLP a proposé, grâce au Sanctuaire de Notre-Dame de France- Reine de la Paix à Baillet-en-France (Val d’Oise), une neuvaine de préparation à la fête de Notre Dame de Lourdes le 11 février 2017 et à la consécration à Jésus par Marie.

-          Le 26 février, Père Bernard Antaya et Marie-Cécile Bret ont invité des priants réunionnais à participer à des moments de prières, d’actions de grâces et de partage pour rendre hommage à notre saint patron Saint Claude de La Colombière, fêté le 15 février et pour les 17 ans de la fondation de notre œuvre, le 15 février 2000. Qu’ils soient également remerciés pour leur dévouement.

-          Les 6 et 9 mars, nous avons présenté UEDLP aux équipes du Rosaire dans le Pas de Calais à Ervillers et Tourneheim.  Merci à Nicole Croxo pour son engagement et aux personnes présentes pour leur accueil.

 

Enfin, nous avons la joie de vous annoncer que nous serons présents à La Réunion du 11 juillet au 16 juillet et à l’Ile Maurice du 17 au 20 juillet, pour rencontrer les nombreux priants de l’Océan Indien.

Un grand merci à tous ceux qui œuvrent dès à présents à notre venue, notamment Père Jean-Claude Veder à Maurice.

« Miséricordieux comme la Mère »

Je voudrais évoquer une pensée originale.

Mais il faut d’abord prévenir.

Quand on met en vis-à-vis le Seigneur et nous, il y a comparaison, mais il y a aussi un abime.

Nous sommes par le baptême, et un jour au ciel, nous serons fils et filles de Dieu, Saint comme Dieu est Saint. Mais cet état de fils ou fille de Dieu, sera toujours de créature. Fils ou fille de Dieu par adoption. Seul le Fils éternel qui est Dieu, est Fils par nature.

De même pour les lignes qui vont suivre, ce qui est dit d’une comparaison, d’un même usage de mots entre Marie et le Père, doit s’entendre de l’abime qu’il y a entre la créature et le créateur. Marie n’est pas et ne sera jamais la quatrième personne de la Sainte Trinité ! Et notre dévotion d’affection et de vénération envers notre Mère du ciel, n’est pas d’adoration due à Dieu seul.

 

Ceci précisé, voici cette pensée.

« Mon père et ma mère m’abandonnent, le Seigneur me reçoit » (Ps 26, 10). Ainsi va la loi de la méditation. Appelé voici 15 ans à servir en UEDLP, ces mots, priés mille et mille fois, ont pris dans le contexte de notre intercession, une couleur nouvelle. Les mots connus ne pouvaient surgir à neuf que par une patiente rumination. Mais avec l’attention portée sur la maltraitance, je découvrais peu à peu et avec stupeur que non seulement un homme, un papa, mais aussi une femme, une maman peut être pauvre, très pauvre et oublier, avec peu ou beaucoup de violence, son enfant : « mon père et ma mère m’abandonnent ».  Cela, à tort ou à raison, me semble plus fou d’une mère !

D’autres textes croisent ma mémoire, dont celui fameux de Khalil Gibran, "Le prophète" : ‘Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas’. Si une mère pouvait oublier !

Oui, malheureusement une mère peut oublier. Le psaume le dit : ‘Mon père et ma mère m’abandonnent’.

Avec peu ou beaucoup de violence physique, cet oubli d’amour est la maltraitance fondamentale.

Anne da Costa dans son livre "On dit que les orchidées… récit d’une femme née sous X" l’aborde. En 2000, la très bonne revue ‘France Catholique’ lui donnait la parole : « Non. L’écriture de ce livre ne peut se transformer en traitement thérapeutique. L’écriture est une ’catharsis’, une purification. C’est assez différent. S’il vous manque une jambe en commençant votre livre, elle vous manquera encore à la fin. Pour moi, la seule vraie solution consisterait à retrouver le nom de ma mère’. ‘C’est une chance extraordinaire pour moi d’avoir une Eglise qui m’a donné Dieu pour Père, le Christ comme frère et Marie comme Mère … Ce ne sont pas seulement des mots. Reste que je suis bien obligé de reconnaître que ma mère –de la terre- me manque. »

Or, quand Dieu évoque sa fidélité envers ses enfants, il utilise les mots de la femme, de la mère, des entrailles qui ont porté. Et ainsi, nous pourrions tout autant oser ces mots : « Miséricordieux comme la Mère ».

 

« Miséricordieux comme la Mère », est Dieu. Vraiment maternel, lorsqu’en Isaïe 49, 14-16, il répond à Israël qui se sentait abandonné de Lui : « Est-ce qu'une femme oublie le bébé qu'elle allaite ? Est-ce qu'elle cesse de montrer sa tendresse à l'enfant qu'elle a porté ». Et ces entrailles, littéralement cette matrice maternelle de Dieu, se sont rendues visibles dans les mains percées du Fils en croix sous les murs de Jérusalem : « Même si elle l'oubliait, moi je ne t'oublierai jamais. Vois, je t’ai gravée sur les paumes de mes mains, j’ai toujours tes remparts devant les yeux ».

« Miséricordieux comme la Mère », est Marie qui, toute sainte, pleine de grâce par habitation en elle de l’Esprit-Saint, reçoit, à la Croix, mission du « Fils unique » devenu « Fils ainé d’une multitude », d’être Mère de l’Église pour l’engendrement de l’Humanité. Hors cela n’est possible que parce qu’elle est sainte, toute sainte, toute miséricorde, « Miséricordieuse comme le Fils, qui lui-même est miséricordieux comme le Père »

Oui, sur la croix, par les mains ouvertes du Fils et par Marie donnée comme Mère, un double don maternel nous est dévoilé, qui nous disent les entrailles du Père. Voilà pourquoi l’Église reconnait légitiment Marie comme sa Mère, sa Maman, fidèle, miséricordieuse.

Mère, que les douleurs de l’engendrement soient achevées. Relisons, méditons, prions, avec Jésus Jean 16, 21, avec Marie Jean 19, 27, ou avec Romains 8, 28 et Apocalypse 12, 2.

Avec l’Esprit et Marie, épouse et mère, prions encore et encore : Père, que ton règne vienne ! Viens Seigneur Jésus !

Père Bruno DANIEL, conseiller spirituel d’UEDLP

 

*-*-*-*-*-*

Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre secours et demandé votre intercession, ait été abandonné. Animé de cette confiance, je me refuge vers vous, ô Vierge des vierges, ô Marie, Mère de Jésus-Christ, je viens à vous, je cours à vous, et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. O Mère du Verbe éternel, ne rejetez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer.
Ainsi soit-il.

                                                                                                                                                       Saint Bernard (1090-1153)


Saints et innocents

n°71  - Décembre 2016

 

Bonjour à toutes et à tous,

En cette fin d’année, et peut-être début, pour ceux qui recevront notre bulletin avec un peu de retard, il est temps de faire le bilan de 2016 pour notre œuvre.

 

En cette année marquée du sceau de la Miséricorde, nous avons la joie de compter plus 3900 priants dont près de 900 nouveaux qui nous ont rejoints.

De nombreuses rencontres ont ensoleillé également cette année dans beaucoup de diocèses : Créteil, Vannes, Blois, Toulon, La Réunion, Troyes, Tarbes-Lourdes mais aussi à l’étranger, Québec au Canada et Łódź en Pologne.

Un grand merci pour toutes les personnes consacrées et laïques qui nous ont si chaleureusement aidés et accueillis.

Ce fut une très belle année au cours de laquelle de beaux échanges ont été vécus et nombres de grâces ont été reçues.

Que le Seigneur soit de nouveau béni pour tant de bienfaits !

Nous profitons de ce bulletin pour vous présenter tous nos vœux pour 2017 : aussi nous appelons sur vous tous, priants, mais aussi enfants et adultes pour lesquels nous prions, la bénédiction du Père, de son Fils Jésus et de l'Esprit, car c'est d'eux que viennent tous ces biens que nos cœurs espèrent

Bonne et sainte année 2017 !

*-*-*-*-*-*

Saints et Innocents

Jésus encore dans les langes, des enfants sont massacrés gratuitement, annonçant par là-même la Passion.

Des enfants sacrifiés à la folie des hommes, il y en a tant et de tout temps, jusqu’à aujourd’hui : enfants chrétiens d’Orient, d’Afrique, d’Amérique et d’Asie et quelle que soit leur religion … et que les médias ignorent.

Il y a aussi ceux, martyrs, que l’Église nous donne comme intercesseurs et qui peuvent nous soutenir dans notre prière :

Sainte Agnès de Rome :

Martyrisée à Rome en 303 à l’âge de 12 ans après avoir refusé les avances du fils du Préfet de Rome.

Fêtée le 21 janvier

 

Sainte Dymphne de Geel :

Décapitée par son père au VII°S en Angleterre car elle refusait le mariage incestueux qui lui proposait.

Fêtée le 15 mai

 

Sainte Germaine (Cousin) de Pibrac

Véritable Cendrillon du XVI° siècle, elle est martyrisée toute son enfance par sa belle-mère qui lui fait subir toutes sortes d'humiliations et maltraitances, et sera reléguée dans un appentis, loin de la vie familiale, où son père la retrouvera décédée.

Fêtée le 15 juin

 

Sainte Maria Goretti

Poignardée en 1902 à 11 ans par Alessandro Serenelli  alors qu’elle lui résistait. Sur son lit à l’hôpital, la veille de sa mort, quand le prêtre lui demande si elle pardonne à son agresseur, elle lui répond :

« Oui, pour l'amour de Jésus, je pardonne. Je veux qu'il vienne lui aussi avec moi au Paradis. Que Dieu lui pardonne, car moi, je lui ai déjà pardonné ».

Fêtée le 6 juillet

 

Bienheureuse Karolina Kózkówna

Jeune polonaise de 16 ans assassinée en 1914 par un soldat russe qui avait tenté de la violer.

Fêtée le 18 novembre

 

Bienheureuse Albertina Berkenbrock

Assassinée à 12 ans, en 1931 au Brésil, par son agresseur alors qu’elle lui résistait elle aussi.

Fêtée le 15 juin

 

Et tous les autres maltraités, assassinés … comme par exemple, les 110 enfants, entre 1 mois et 7 ans, martyrs des Lucs sur Boulogne, assassinés le 28 février 1794 lors du génocide de Vendée par les troupes révolutionnaires.

 

Bien-sûr, et je vous prie de m’en excuser, j’oublie certainement de citer bien des jeunes saintes et saints, bienheureuses et bienheureux dont vous pourrez si vous le souhaitez nous envoyer l’histoire.

 

Ils sont les témoins que l’Amour de Dieu est au-delà de ce que nous pouvons en comprendre.

Aussi n’hésitez pas à prier par leur intercession pour l’enfant mais aussi pour l’adulte qui vous sont confiés.

Prière à Sainte Maria Goretti

Enfant de Dieu,
toi qui a connu très tôt
la misère et la peine,
la souffrance et les joies de la vie
toi qui as été pauvre et orpheline,
toi qui as aimé infatigablement
ton prochain
en te faisant servante humble et empressée,
toi qui as été brave sans être orgueilleuse,
toi qui as aimé l'amour
par-dessus tout,
toi qui a versé ton sang
pour ne pas trahir ton Dieu,

toi qui as pardonné ton assassin
désirant pour lui le paradis,

 

interviens et prie pour nous
auprès du Père afin que nous acceptions le dessein
que Dieu a réalisé pour nous.
Toi qui es l'amie de Dieu et qui es face à Lui,
obtiens de Lui la grâce que nous te demandons.
Nous te remercions, Marietta,
de l'amour pour Dieu et tes frères
que tu as déjà semé dans notre cœur.
Amen

*-*-*-*-*-*

Pour nourrir notre réflexion et notre prière, en ce temps où Notre Sauveur nous est né et que le monde chante ses louanges, en ce temps déjà décidé par Dieu du sacrifice de son Enfant pour nous sauver car il n’est que Miséricorde,une question :

 Prions-nous pour l’adulte qui nous a été confié ?

De nombreux courriers et courriels reçus nous disent la prière pour l’enfant maltraité, mais souvent la prière pour l’adulte n’est pas mentionnée.

Lorsque nous avons la joie de rencontrer certain(e)s d’entre vous, vous nous parliez souvent de l’enfant devenu proche dans la prière, mais le prénom de l’adulte est enfoui dans votre mémoire.

Je sais par expérience que la prière pour l’adulte est bien plus compliquée, d’autant plus que n’ayant aucune information sur celui-ci, notre imaginaire devient un témoignage à charge.

Ces lignes ne sont pas écrites pour vous juger ou vous désespérer, mais pour vous appeler à persévérer et à déployer votre charisme de priant.

Notre vocation au sein d’UEDLP est d’être « petite flamme de Miséricorde », tel est le nom que je donne aux priants. Une petite flamme, bien frêle, bien vacillante dont la mission est de témoigner de la Miséricorde pour TOUS les pécheurs même si tout nous porte à les ignorer, les rejeter. Notre parrainage au long court est pour l’enfant ET l’adulte. Dieu les aime tout autant, comme Il nous aime dans cette difficulté à prier pour l’adulte.

Par l’intercession de Marie et de tous les martyrs, en particulier saint Etienne, je demande par le Nom de Jésus au Père tout puissant de nous donner d’accueillir au sein de notre prière, même pauvre, par la grâce de l’Esprit Saint, cet adulte que nous avons tant de mal à recevoir comme notre frère ou notre sœur.

 

  Mona


 États Unis : le "rehoming" ou les enfants jetables

n°70  - Septembre 2016

Bonjour à toutes et à tous,

Après ce temps de congés, la rentrée est là. Bon courage à chacun et à chacune dans sa vie et ses responsabilités.

Notre prière pour les élèves et étudiants, les enseignants et ceux qui les encadrent ; les parents et grands-parents qui auront à gérer, de nouveau comme à chaque rentrée,  une nouvelle organisation.

Bon courage aussi aux prêtres et aux bénévoles qui ont  eux aussi à gérer cette nouvelle année paroissiale.

 

Pour UEDLP, ce « 1er trimestre » sera bien rempli et nous rendons grâce à Dieu et remercions toutes les personnes qui œuvrent pour que de nombreuses rencontres aient lieu en différents diocèses :

Diocèse de la Réunion

Un merci pour commencer, au Père Antaya et à Marie-Céline Bret pour la journée de présentation de notre œuvre et d’action de grâce le 10 juillet dernier à Cambuston en l’église de Jésus Miséricordieux. Une belle assemblée a prié pour les enfants maltraités et les adultes maltraitants et une soixantaine de personnes sont devenues  « petites flammes de miséricorde ».

Le 24 septembre prochain une nouvelle rencontre est organisée avec le Père Léonard Tovondrainy à l’église du Sacré Cœur à Colimaçons.

Diocèse de Tarbes et Lourdes :

Lors du pèlerinage du Rosaire, deux conférences « Maltraitance et Miséricorde » seront données à Lourdes les 6 et 7 octobre.

Diocèse de Québec :

Grâce au Père Loyola Gagné et Sœur Carmen Gravel, nous serons au Québec du 19 au 25 octobre.

Diocèse de Vannes :

Un grand merci à l’Abbé André Guillevic, recteur du sanctuaire de Sainte Anne d’Auray, qui nous accueillera pour présenter UEDLP le dimanche 6 novembre. 

 

Que le Seigneur soit de nouveau béni pour tant de bienfaits !

 

*-*-*-*-*-*

˝États-Unis : enfants jetables˝

 

En avril dernier sur France 5, un reportage sidérant sur le « rehoming » (désolée pour l’anglicisme) est diffusé sous le nom de ˝États-Unis : enfants jetables˝[1].

Depuis nous ont été confiés plus de 850 prénoms d’enfants issus cette pratique.

Le mot « rehoming » (= re-domiciliation) s’emploie généralement pour les animaux : un animal est abandonné, on lui retrouve une famille. Pour les amoureux des bêtes, c’est un bonheur de redonner une seconde chance à un animal.

Mais le mot « rehoming », aux États-Unis, est également employé pour des enfants. Dans ce pays un simple acte notarié permet à une famille adoptive de se débarrasser d’un enfant adopté.

Ainsi 25 000 enfants adoptés sont légalement abandonnés par des couples qui ne s’en satisfont pas et qui cherchent repreneur, selon 2 circuits :

-      soit on passe par un juge, cela est long et très onéreux (jusqu’à 35 000 dollars)

-      soit en marge des adoptions officielles, se développent certaines associations privées qui proposent des « catalogues » où, sans contrôle, on peut adopter à moindre frais (5000 dollars) un enfant… ou bien tout simplement l’essayer pendant quelques semaines ou quelques mois. Et s’il ne convient pas, c’est tout simplement retour à la case foyer ou orphelinat.

 

Le reportage commence par une sorte de défilé de mode au cours duquel on propose les enfants à adopter suivi de rapides entretiens avec les éventuels adoptants : quelques minutes au cours desquelles l’enfant se présente, espérant une adoption qui cette fois-ci serait enfin pour la vie. Ainsi on voit Jack, adolescent de 14 ans,  abandonné avec sa sœur par leurs parents géniteurs à 8 ans. Ils ont vécu pendant 4 ans dans une famille adoptive, avant que celle-ci ne l’abandonne, en le séparant de sa sœur. Jack défile et rencontre un possible adoptant, célibataire sans enfant, qui n’a rien à perdre. Le reportage nous dit que quelques semaines plus tard, cet homme remettra Jack « sur le marché », pour incompatibilité d’humeur …

 

Il existe de nombreux sites Internet et de pages Facebook où sont proposés des enfants entre 10 mois et 18 ans : photos, sexe, âge, origine ethnique, petit résumé de leurs goûts et renseignements sur les éventuels soins médicaux pour les enfants handicapés.

Il y a aussi la possibilité d’adopter des fratries, ou bien d’adopter un seul membre d’une fratrie.

L’enfant est une sorte d’objet dont on se débarrasse dès qu’il ne convient plus, dès que des difficultés relationnelles apparaissent ou que la situation financière familiale n’est plus favorable.

Les enfants sont ainsi ballottés entre familles adoptives successives et foyer d’enfants ou orphelinat.

 

Mais l’horreur ne s’arrête pas là : en effet, selon l’auteure du reportage, un quart des enfants passerait de manière illégale de mains en mains pour des raisons encore plus terribles : sur Internet, les prédateurs sexuels seraient à l’affut de nouvelles victimes infantiles. Certaines affaires de violences sexuelles sur enfant ont déjà été dénoncées.

 

Pourquoi cette situation aux États-Unis ?

 

Tout d’abord, malgré la richesse de ce pays, chaque année environ 1 million d’adolescentes ou jeunes femmes entre 15 à 24 ans, sans ressources ou sans profession, sont enceintes précocement. 500 000 d’entre elles mettent au monde un enfant : véritable vivier éventuel d’adoption. Ensuite l’économie de marché fait cyniquement le reste.

Ensuite, il n’existe pas de loi fédérale protégeant les adoptés. Chaque État légifère selon ses critères et certains gouffres juridiques ont permis  cette situation terrible du « rehoming ». Certains commencent à prendre conscience de cette tragédie, tel le député démocrate James Langevin qui milite pour le vote par le Congrès d’une loi fédérale pour encadrer l’adoption aux Etats Unis.

 

« Père, pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Luc 23,34

 

Aussi confions tous ces enfants à la tendre intercession de Maman Marie et de saint Joseph ainsi que tous ces adultes qui les maltraitent en ne leur donnant pas la stabilité familiale qui leur est due.

*-*-*-*-*

Pour nourrir notre réflexion et notre prière, voici un poème envoyé par Michèle. Un grand merci à elle

 Marie ma beauté

Ô Marie, ma joie mariale

Mon espérance d’ange

Ma beauté initiale

Ma foi sans mélange.

 

Ma fontaine de confiance

Ma coulée d’azur

Ma plus tendre assurance

Mon discret murmure.

 

Mon guide quotidien

Ma tendre visitation

Mon élan sans frein

Mon humble oraison.

 

Ta sainteté ô Marie

Dépasse de loin mon humanité

Mais c’est Toi qui écris

Mes pages de fidélité.

 

À l’heure où Tu perds ton enfant

Et où ton âme se déchire

Tu vas toujours de l’avant

 

Sans refus et sans délire.

Tu me prends avec Toi

Pour me porter vers ton Fils

 

Tu fortifies ma foi

Sur le sentier du sacrifice.

 

Ne lâche pas ma main

Tu sais ma fragilité

Avec Toi j’irai plus loin

Malgré ma pauvreté.

 

Là où m’attend mon Père

Humble, aimante et repentante

Là où dans sa divine lumière

Ma joie sera constante.

 

Tu nous précèdes au ciel

Dans la gloire de ton Fils

Ta tendresse maternelle

Nous prépare aux délices.


[1] http://www.france5.fr/emissions/le-monde-en-face/diffusions/12-04-2016_471045


Prier pour nos ennemis nous rapproche

de la perfection de Dieu

n°69  - Juin 2016

Bonjour à toutes et à tous,

Les derniers mois ont été riches en rencontres :

*  En avril

-  à  Créteil nous avons eu la joie de vivre l’Eucharistie dans la magnifique cathédrale déployée sous la présidence de Mgr Santier. Nous avons également animée une veillée « Miséricorde et Adoration » dans cette même cathédrale. Ce fut de beaux moments de grâce et de prière. Ces rendez-vous ont été possible grâce à toute l’énergie déployée par Elisabeth Emmanuelle Dessalle.

-  à Thiais la rencontre avec les sœurs de l’Annonciade fut également un temps de communion de prière.

-  Nous avons été accueillis par le recteur du sanctuaire de Sainte Anne d’Auray et avons pu présenter UEDLP à la messe du jour. Rendez-vous est pris dès à présent en novembre pour une autre rencontre.

-  à Troyes nous avons pu rencontrer grâce aux nombreuses démarches de Geneviève Defontis différentes communautés religieuses (Sœurs Clarisses de l’Adoration perpétuelle, Sœurs Oblates de St François de Sales), témoigner à l’issue de messes et animer une veillée de prière.

- à Senlis , les Sœurs clarisses nous ont reçus dans leur chapelle pour vivre ensemble une veillée de prière.

 

* En mai :

-  à Vannes nous avons rencontré les prêtres et les responsables du Doyenné de Vannes puis nous avons eu une très belle et très fraternelle rencontre avec les Sœurs de Carmel

-  à Québec, sur ECDQ.tv, télévision diocésaine, Père Loyola Gagné, s.s.s., répondant diocésain d’UEDLP et Sœur Carmen Gravel, p.f.m., collaboratrice ont présenté notre œuvre lors d’une interview.

Que le Seigneur soit béni pour tant de bienfaits !

Prier pour nos ennemis nous rapproche de la perfection de Dieu

 

Savoir prier «pour ceux qui nous veulent du mal» rendra meilleurs nos ennemis et nous rendra, nous, plus «enfants du Père». Cette réflexion était centrale dans l’homélie du Pape François lors de la messe matinale célébrée ce mardi matin, 14 juin 2016, à la Maison Sainte-Marthe.

François a abordé l’extrait de l’Évangile dans lequel Jésus exhorte les disciples à tendre vers la perfection de Dieu, «qui fait surgir son soleil sur les mauvais et sur les bons». «La Parole de Dieu, il y a deux façons inconciliables de l’entendre, a expliqué le Pape : une liste aride de devoirs et d’interdictions ou l’invitation à aimer le Père et les frères avec tout le cœur, en arrivant au point culminant : prier pour son propre adversaire».

C’est la dialectique de la confrontation entre les docteurs de la loi et Jésus, entre la Loi proposée en mode schématique au peuple hébraïque par ses chefs et la «plénitude» de cette même Loi que le Christ affirme être venu apporter. Le Pape François est revenu sur le point d’une conviction déjà exprimée plusieurs fois. Quand Jésus a initié sa prédication, pris en otage par ses adversaires, «l’explication de la loi en ce temps-là était en crise», a remarqué le Pape.

«C’était une explication trop théorique, casuistique : disons que c’était une loi dans laquelle il n’y avait pas le cœur propre de la Loi, qui est l’amour de Dieu, qu’il nous a donné, à nous. Le Seigneur répète donc ce qui était dans l’Ancien Testament : quel est le commandement le plus grand ? Aimer Dieu, avec tout son cœur, avec toutes ses forces, avec toute l’âme, et le prochain comme toi-même. Et dans l’explication des Docteurs de la Loi ceci n’était pas tellement au centre. Au centre, il y avait les cas : mais on peut faire ça ? Jusqu’à quel point peut-on faire ça ? Et si on ne peut pas ? La casuistique propre de la Loi. Et Jésus prend ceci et reprend le vrai sens de la Loi pour la porter à sa plénitude.»

Le Pape a mis en évidence comment Jésus a offert «tellement d’exemples» pour montrer les commandements sous une lumière nouvelle. «Ne pas tuer», a-t-il affirmé, peut vouloir dire aussi ne pas insulter un frère et mettre en évidence à quel point l’amour est «plus généreux que les docteurs de la Loi, dans le manteau ajouté en don pour celui qui avait demandé un vêtement et les deux kilomètres accomplis avec celui qui avait demandé à être accompagné pour un kilomètre».

«C’est un travail qui n’est pas seulement un travail pour l’accomplissement de la Loi, mais est un travail de guérison du cœur. Dans cette explication que Jésus fait de ses commandements, dans l’Évangile de Matthieu surtout, il y a un chemin de guérison : un cœur blessé par le péché originel - nous tous nous avons un cœur blessé par le péché, nous tous -, doit prendre cette voie de guérison et guérir pour ressembler au Père, qui est parfait : "soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait". Une voie de guérison pour être enfants comme le Père.»

«C’est la perfection que Jésus indique, et celle contenue dans l’extrait du jour de l’Évangile de Matthieu, a précisé François : "Vous avez entendu qu’il fut dit : tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent"». «C’est la dernière marche» de cette voie, a affirmé le Pape, la plus difficile. François s’est souvenu qu’enfant, pensant à un des grands dictateurs de l’époque, il avait souvent prié pour que Dieu lui réserve bientôt l’enfer. «Au contraire, a-t-il conclu, Dieu demande un examen de conscience».

«Que le Seigneur nous donne la grâce, seulement cela : prier pour les ennemis, prier pour ceux qui nous veulent du mal, qui ne nous veulent pas du bien ; prier pour ceux qui nous font du mal, qui nous persécutent. Et chacun de nous sait le nom et le prénom : je prie pour celui-ci, celui-ci, celui-ci… Je vous assure que cette prière fera deux choses : elle le rendra meilleur, lui, parce que la prière est puissante, et nous elle nous rendra plus enfants du Père», a conclu le Saint-Père.

Retranscription de l’article publié le 16 juin 2016

sur http://fr.radiovaticana.va

 

Notre vocation en tant que priant d’UEDLP est bien celle-ci : en priant pour les enfants maltraités mais surtout pour les adultes maltraitants nous suivons l’exhortation de Jésus de tendre vers la perfection de Dieu.

 

Pour nourrir notre réflexion et notre prière, voici quelques témoignages de priants.

~ Je suis toujours très émue, m’imaginant en priant, la souffrance de l’un et de l’autre. Mon cœur compatit et j’espère que nos prières ont un impact libérateur et bienfaisant pour eux et pour nous tous priants. Je n’ose pas trop laisser « trainer »  mon imagination ; je remets ce tout dans le cœur de Dieu.    M-T

 

~ Prier pour un maltraitant n’est pas un acte facile au début, mais peu à peu notre cœur se transforme avec la grâce divine et je me sens utile dans la discrétion. G.

 

~ Ces textes m'ont beaucoup aidée quand j'étais dans le noir, ils m'ont aidée et ils me soutiennent dans mon chemin de pardon... j'espère qu'ils aideront d'autres personnes aussi. M.

 

~ Votre initiative est lumineuse. Sûr, c’est le St Esprit qui est à l’œuvre. M-F.

 

~ Je suis en total accord en ce qui concerne la prière pour les maltraitants, parce que plus que d'autres, ils ont besoin que l'on prie pour eux!! N’est-ce pas ce qu'avais compris Thérèse de Lisieux quand elle a prié pour Pranzini jusque la conversion au moment de passer à échafaud. J.

 

~ J'ai bien pris connaissance des prénoms qui me sont confiés dans la prière pour qu'avec l'aide de Dieu leur jours soient plus tournés vers la Lumière et que Dieu dans cette année de la Miséricorde leur vienne en aide pour se reconstruire dans cette vie sur Terre. S.

 

Merci à toutes et tous pour vos nombreux courriers et courriels qui nous encouragent à poursuivre notre œuvre. 

Bonnes vacances à ceux et celles qui pourront goûter ce temps de repos et bon courage aux autres.

Et encore un grand merci pour votre prière pour les enfants maltraités et les adultes maltraitants.  Que le Seigneur fasse couler sa Miséricorde dans les cœurs de chacun : enfant, adulte, priant.                     

 Mona et Père Bruno


Miséricorde et vocation sacerdotale

n° 68 - mars 2016

Bonjour à toutes et à tous,

Quelques nouvelles de notre association :

- Le Cardinal Lacroix a approuvé le 2 février notre association dans son diocèse de Québec (Canada). Père Loyola Gagné y est désormais le répondant diocésain.

- Mgr Aubry a approuvé la désignation du Père Antaya ainsi que Marie-Céline Bret comme référents à La Réunion

- Un grand merci à Mgr Centène, évêque de Vannes, pour son accueil et son écoute.

 

Un grand merci également :

- aux Père Audran et Fresneau et à l’abbé Kindel pour leur  accueil dans leurs paroisses morbihannaise

- au Père Wiehe de Toulon et à Brigitte Moelle pour le temps fort organisé fin janvier

- à Evelyne (41), Sylvie (60)  et Emmanuelle-Elisabeth (94) pour leurs actions pour faire connaitre UEDLP.

La Miséricorde au cœur de ma vocation et ...

Dans le feuillet de décembre, Mona nous a expliqué cette trajectoire de "révélation" qu’UEDLP, lancé par elle, avait déployé peu à peu, comme richesse et appel à la conversion, pour elle et pour tous les priants de cette œuvre.

C'est dans cette dynamique que ces lignes sont écrites, car pour moi aussi, UEDLP a été source d'émerveillement par ce déploiement de richesse, d'Un Enfant jusqu'à 2, 3 et même 4 Enfants Dans La Prière. (Voir le feuillet 48).

 

Cette Année Sainte de la Miséricorde est source d'enrichissement, d'interpellation, de conversion.

Depuis des années, je suis travaillé par le thème biblique de la "génération qui est mauvaise". Depuis le psaume 94 verset 10 prié tous les matins par l'Église à Laudes : "Quarante ans, cette génération m'a déçu, et j'ai dit : 'Ce peuple a le cœur égaré' ..." en passant par les cris infiniment répétés des prophètes,  jusqu'au cri de Jésus en Mat 12, 39 : "Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe ...". S'agit-il comme par hasard de ces générations du passé ? Ou bien s'agit-il de toutes les générations, de chacune des générations ? Et donc aussi de la notre ?

 

La Miséricorde, ce n'est pas l'endormissement du chrétien, rassuré d'être aimé et sauvé par un BDBB, un "Bon Dieu Bien Bonnasse". "On ira tous au paradis", ce n'est pas parole de l'Évangile", c'est du Polnareff en 1972, les années Yéyé ! Entrer au paradis exige de moi, que j'ai mon cœur aussi miséricordieux que celui de mon Dieu. Sans quoi, ce n'est pas lui qui me mettra dehors, en enfer. Lui ne fait que de me supplier d'entrer (Luc 15, 28b) : "Son Père sorti le supplier d'entrer". Mais comme avec le fils ainé de la Parabole du fils prodigue, l'ainé au cœur dur, non miséricordieux, ne voulant pas du pardon pour sa "cochonnerie" de frère, refuse d'entrer au banquet du Royaume.

 

Je suis homme, ma première mission est d'être humain.

Je suis chrétien, ma première mission est d'être saint.

Je suis prêtre, ma première mission est celle reçue de mon évêque : être curé, et grâce à Dieu, c'est ce que j'espérai et ai toujours demandé à être.

Certains chrétiens ou prêtres sont de spiritualité franciscaine ou carmélitaine. Pour ma part,  formé au séminaire de Paray-le-Monial, je suis de la spiritualité du Cœur du Christ, ce Cœur Miséricordieux qui a tant aimé les hommes et qui colore tant UEDLP.

 

Comme prêtre, comment cela s'exprime-t-il ? Comment s'articule ces deux notions, de "Génération mauvaise et adultère " et de "Cœur miséricordieux de Dieu" ? C'est de découvrir jour après jour, en moi et dans notre Église, ce mystère caché de la conversion, et du rôle merveilleux du Sacrement de la Réconciliation, la si belle Confession. 

 

Normalement, je repère trois étapes :

- les commençants ou recommençants : ils doivent parfois quitter de bien "gros péchés" qu'on appelait "mortels" : le crime, le vol, l'adultère ... mais aussi la drogue ou la magie ... et bien d'autres malheureusement qui laisseront tant de cicatrices et de mauvaises habitudes à corriger laborieusement.

- le chrétien pratiquant : lui va tourner en rond dans les "petits péchés", dits "véniels". C'est lassant de toujours rabâcher la même chose, ces petits traits de caractère, des petites fautes négligeables ou humiliantes ... 

Et à ce niveau là, arrive la décroche. "Ça ne sert à rien. Ça ne change rien. Je ne suis pas si mauvais, je suis même bon et courageux, et sûrement pas pire que les autres, et avec ça, je devrais bien quand même entrer plutôt

facilement au paradis. Donc 'carpe diem', relax, petit bonhomme de chemin pépère". Et la vie spirituelle devient tiède !

 

Mais pour quoi donc rabâcher à toutes les messes : "Je confesse à Dieu ...", "Seigneur prends pitié ...", "Agneau de Dieu, prends pitié ...", si je n'ai pas ou quasiment pas de péchés ? Est-ce si sûr ? Un des prophètes, Isaïe (29, 13), tonne contre ce formalisme borné : "Ce peuple ne s'approche de moi qu'en paroles. Ses lèvres seules me rendent gloire, mais son cœur est loin de moi. La crainte qu'il me témoigne n'est que précepte humain, leçon apprise". Où sont les larmes réelles du psaume 50 rabâché si superficiellement, si formellement : "Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi".

 

Et comme il faut bien reconnaitre que nos ignorons notre péché, et si nous ne voulons pas attendre l'entrée au purgatoire pour le voir exploser à notre visage, le Kyrie AL 220, avec grande intelligence spirituelle, nous fait chanter : "Seigneur, Dieu de ma joie, fais-moi connaitre mon péché".

 

Mona disait cette difficulté, et c'est celle de tout homme aussi sensé que pécheur, à prier pour le méchant. Mais Jésus le rabâche infiniment : "Moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait"  Mat 5, 44-48 .

 

Telle est notre vocation commune, telle est la clef du Paradis.

Telle est aussi la vocation et le charisme d'UEDLP : opposer l'Amour contre le mal  - jusqu'à l'extrême du scandaleux -, en demandant de prier et d'aimer les méchants.

Comment espérer la conversion du pécheur si celui qui se sent plus juste ne va pas avec miséricorde vers celui qui lui semble plus pécheur ?

- soit je suis juste, mais alors "juste comme Dieu", et donc je souhaite le salut du méchant.

- soit je ne souhaite pas son salut, et donc, c'est que je ne suis pas "juste comme Dieu", et donc que je suis moi aussi, autrement mais réellement,

méchant, et donc, refusant le salut du méchant, je me condamne moi-même !

 

Bref, si je crois être sans péché ou avec juste quelques peccadilles insignifiantes, inutiles à confesser, et si je n'espère pas de tout cœur le salut des autres, des "salauds", alors c'est que "sous l'apparence du bien", je ne suis, selon l'expression du pape François, qu'un chrétien "mondain".

 

Bref, si je reste aveugle et sourd à tout appel de Dieu et de l'Église, c'est que je n'ai pas compris cet appel à creuser mon propre péché, et à utiliser le "doux sacrement" de la miséricorde; et bien ce que je n'aurai pas cheminé ici-bas, j'aurai à le vivre, mais alors  dans le "feu du purgatoire".

Moi, ... ça ne me tente pas, alors, j'essaye d'avancer un peu dès ici bas.

 

... au cœur de la Nouvelle Évangélisation.

Ceci dit, ce sera tout simple : une Église mondaine ne peut évangéliser. Sa parole est tiède.

Seule une Église consciente de son péché, qui expérimente sans cesse pour elle-même la miséricorde de son Dieu Sauveur, peut partager avec joie et efficacité la grâce du salut, bref peut évangéliser.

J'aurai beau être un bon prêtre, tant que je ne me sais pas pécheur, cœur dur, je pourrai faire quelques "prosélytes" (Mat 23, 15), je ne serai jamais un évangélisateur.

Voila pourquoi, je rends grâce à la Providence, à Dieu et à l'Église, d'avoir engagé ma vie et ma vocation d'homme, de chrétien et de curé, au service de la Miséricorde.

Père Bruno

Je compris que l'amour renfermait toutes les vocations, que l'amour était tout, qu'il embrassait tous les temps et tous les lieux... en un mot, qu'il est éternel !... 

Alors dans l'excès de ma joie délirante, je me suis écriée : O Jésus, mon Amour... ma vocation, enfin je l'ai trouvée, ma vocation, c'est l'amour ...

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face


 

 

 

 

 

 

BONNE ANNÉE DE LA MISÉRICORDE !

n°67- Décembre 2015

Bonjour à toutes et tous. Nous sommes en cette mi-décembre plus de 3000 priants dans 35 pays ; les derniers priants inscrits vivent en Tanzanie. Merci Seigneur pour le chemin de miséricorde que Vous entreprenez dans les cœurs des enfants, des adultes et des priants.

 

Un grand merci à vous aussi, pour votre prière et pour l’aide matérielle que vous nous apportez,  chacun selon ses moyens,  notamment par l’envoi de timbres. Ces timbres sont si vitaux pour la vie de notre association car nous envoyons désormais plus de 1000 lettres par trimestre.  C’est un beau cadeau régulièrement renouvelé que de recevoir quelques timbres ou beaucoup plus (jusqu’à 500 dans une enveloppe anonyme). Je me souviens avec tendresse et respect de ce mot accompagnant ce type de courrier : « j’ai une toute petite retraite alors pardonnez-moi de ne vous envoyer que ces quelques timbres. » Soyez béni(e), vous si humble que vous excusez de si peu. Vous êtes l’image vivante et actuelle de l’Évangile dans la Parabole de l’aumône de la veuve.

Soyez bénis(es) vous toutes et tous pour vos actions à faire connaitre UEDLP.

Soyez bénis(es) pour les invitations à venir présenter notre œuvre dans vos paroisses comme fin novembre à Compiègne dans l’Oise, ou bien à présenter vous-même UEDLP sur votre paroisse.

Soyez bénie, Brigitte Bédard, pour votre présentation d’UEDLP  dans le magazine canadien "Le Verbe" en novembre dernier. Merci Seigneur !

 

L’Année de la Miséricorde voulue par notre Pape François se comprend aisément car la Miséricorde est au cœur de sa vocation épiscopale; la devise papale est  « Miserando atque eligendo » = "par miséricorde et par élection".

Le 17 mars 2013, il disait lors du premier Angélus de son pontificat:

« Ressentir la miséricorde, ce mot change tout. C’est ce que nous pouvons ressentir de mieux : cela change le monde. Un peu de miséricorde rend le monde moins froid et plus juste. Nous avons besoin de bien comprendre cette miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui a une telle patience... Souvenons-nous du prophète Isaïe, qui affirme que même si nos péchés étaient rouges écarlate, l’amour de Dieu les rendra blancs comme neige. C’est beau, la miséricorde ! N’oublions pas cette parole : Dieu ne se fatigue jamais de nous pardonner, jamais ! Nous nous fatiguons de demander pardon! Lui ne se fatigue pas de pardonner.»

 

Le 25 octobre 2015, le Pape déclarait aussi :

« Les disciples de Jésus sont appelés à cela, aujourd’hui aussi, spécialement aujourd’hui : placer l’homme au contact de la miséricorde compatissante qui sauve. Quand le cri de l’humanité devient, comme en Bartimée, encore plus fort, il n’y a pas d’autre réponse que de faire nôtres les paroles de Jésus et surtout d’imiter son cœur. Les situations de misère et de conflit sont pour Dieu des occasions de miséricorde. Aujourd’hui est un temps de miséricorde ! »

 

UEDLP est une œuvre de Miséricorde : la spiritualité de notre association correspond à la définition du mot latin ˝misericordia˝ signifie avoir un cœur (cor) auprès des pauvres (miseri) = avoir un cœur tourné pour les pauvres.  Elle correspond aussi au mot hébreu rah'amim (רחמים) qui désigne, dans l’Ancien Testament, le sein maternel, puis la tendresse qui en est issue. C’est aussi des entrailles de Dieu qu’il s’agit. Le cœur, le sein, les entrailles, tous nous disent la tendresse, l’amour miséricordieux de Dieu.

Mais, pour appréhender combien la Miséricorde est à l’œuvre en UEDLP, il faut en comprendre l’évolution. Et celle-ci doit beaucoup au chemin de conversion que le Seigneur a entrepris de mon cœur et de ma foi, depuis plus de 15 ans.

Parfois, lorsque je présente UEDLP certaines personnes m’interpellent en me disant que cela semble si facile, si simple pour moi de prier pour ceux qui font le mal. Eh bien non, ce n’est pas si facile !

Les premiers priants s’en souviennent peut-être, UEDLP, à son début, ne confiait que des prénoms d’enfants. Pendant près d’un an, il m’a été impossible, insupportable de prier et faire prier pour les adultes maltraitants, tout comme je ne pouvais pas prier pour les soldats au pied du calvaire ni pour les accusateurs de Jésus.  Mon cœur, si endurci par mes propres blessures, mes propres jugements ne comprenait pas, en vérité, le sacrifice de Jésus sur la Croix. Oui il était mort pour nos péchés, mais pas pour ces adultes si commettaient des atrocités  sur des enfants : viols, meurtres, coups, tortures, maltraitance sous de toutes formes… Non, pas de prière pour eux.

Mais Dieu est patient. Doucement, ou parfois un peu plus bousculant, la Miséricorde de Dieu a fait son œuvre en moi et par rebond dans la vocation d’UEDLP.

Ainsi notre œuvre a appelé les priants à prier pour les enfants maltraités ET les adultes maltraitants. Mais vous le savez bien, quand Dieu commence à pétrir notre cœur il ne s’arrête pas avant le ˝tête à tête ultime du passage˝. Faire prier pour les adultes ne Lui suffit pas.

Dieu nous montre régulièrement la dureté de notre cœur.

Je confesse que lorsque j’apprends la souffrance extrême de certains enfants, mon cœur n’est pas miséricordieux, pas naturellement miséricordieux. La prière, l’oraison, la sainte messe, la contemplation du Sacré Cœur meurtri d’Amour de notre Sauveur me redisent l‘Amour de Dieu : pour cet adulte que j’ai tout d’abord rejeté mais aussi pour moi, pauvre pécheresse. C’est alors, qu’anéantie d’Amour, je sais infiniment que Dieu m’aime telle que je suis avec mon cœur de pierre et qu’Il aime tout autant l’adulte que mon rejette. Je sais aussi qu’il me donne la chance incroyable de me rapprocher de Lui en vivant le sacrement de Réconciliation au cours duquel je peux confesser deux choses : confesser ma petitesse et mes péchés et confesser ma foi en sa tendresse maternelle et en sa Miséricorde infinie.

Oui Dieu nous aime tels que nous sommes, enfants maltraités, adultes maltraitants, priants d’UEDLP et toute l’Humanité et il donne sans cesse son Fils en sacrifice pour nous sauver car son nom est MISÉRICORDE !

Mona


 

 

L’ÉGLISE, EXPERTE EN HUMANITÉ ?

n°66 - septembre 2015

Le 20 mai dernier, j’ai répondu à l’invitation du BICE, Bureau International Catholique de l’Enfance, pour le "Congrès sur la lutte contre les abus sexuels des enfants". Des intervenants des 5 continents, des acteurs de toute la société française (éducation, justice, santé…), une introduction par la Ministre de la Famille. Une journée intense d’analyse des moyens mis en œuvre pour parer au drame de la maltraitance présente dans tous milieux du monde entier.

Parmi les intervenants, Mgr Oliver, nommé récemment par notre Pape François, Directeur du Conseil Pontifical pour la Protection des Mineurs. L’Église semble être devenue experte, semble être en première ligne en ces analyses et propositions pour la protection des enfants, la prise en charge des victimes, pour influer sur le changement de culture, pour la formation des responsables, tant institutionnels (évêques et supérieurs religieux) qu’au contact des enfants par diverses missions pastorales ou d’éducation. Où en sommes-nous donc de cette effrayante crise qui a secoué l’Église depuis plus d’une décennie ?

 

L’Église, Experte en Humanité ?

Cette expression, cette revendication de qualité, de compétence, vient de Paul VI à l'ONU en 1965. Riche depuis des siècles, de tant de saints et de si belles œuvres, l’Église sait ses qualités, son rôle : "Experte en humanité", elle se proclame "Mère et Enseignante (Mater et Magistra), Éducatrice des peuples".

Alors, quand cette Mère et Enseignante se révèle Marâtre, qu'elle est prise en défaut, même si tous sont aussi en faute, il est de bonne guerre ou de mauvaise guerre de cibler la fautive, de façon prioritaire et même acharnée. Elle sera donc attaquée de partout et par tous.    

1/ D’abord par ses ennemis historiques qui veulent un monde sans Dieu ni maître.                          

2/ Mais aussi par ses ennemis intérieurs, qui profitent de la crise pour faire avancer leur cause progressiste contre le ˝patriarchalisme˝ romain en général et le  célibat des prêtres en particulier.

3/ Elle est bien sûr attaquée par l’Ennemi, homicide, menteur, blasphémateur, le Diable. Mais si on réfléchit - comme lors de son apparente victoire du rejet de Jésus par tous sur la croix qui fut, en fait, sa défaite - si le Diable peut se réjouir de cette attaque contre notre Église, il doit aussi y perdre, car il préfère le péché enfoui qui gangrène l’Église, à une crise ouverte et ouvertement affrontée qui va permettre selon notre devise en UEDLP, de « creuser la blessure pour que coule la Miséricorde ».

4/ Finalement, il faudrait réaliser que c’est Dieu qui essentiellement et paradoxalement, a intérêt à cette crise. Après des siècles de tabous et d’enfouissement, notre société essentiellement fondée sur toute l’Antiquité et sur 2000 ans d’évangélisation, a engendré un monde moderne avec sa justice mais aussi désormais avec sa compétence psychologique. Il est donc enfin possible, et donc temps, d’affronter ce drame où se conjuguent les trois misères, du péché, de la maladie, et du crime.

Ce qui blesse tant l’Homme dans l’enfant meurtri et dans l’adulte si pauvre, blesse tout autant le cœur divin du Père qui veut rassembler peu à peu, par la grâce de la croix et le souffle de l’Esprit, toute l’humanité encore esclave du péché et de la mort si dramatiquement présents dans la pédophilie.

Je le crois, pour le bien de toute l’humanité qu’il a créé dans son amour, c’est d’abord notre Dieu lui-même qui veut ce creusement de la blessure, et aussi que c’est lui qui met en première ligne son Église chargée d’ouvrir la route à cet assainissement majeur, essentiel au progrès du Royaume, de son œuvre de Salut.

Simplement, dans cette vocation mystérieuse de l’Église, Dieu l’emmène plus loin. Autant il fut légitime qu’elle développe de belles œuvres et qu’elle se découvre experte en humanité si on peut dire "par le haut", autant aujourd’hui, elle se découvre experte si on peut dire "par le bas".

Elle découvre qu’il lui faut affronter la misère non plus dehors, par ses œuvres sociales, mais qu’il lui faut affronter la misère dedans, dans les cœurs de l’humanité, y compris et d’abord dans le propre cœur des chrétiens et même jusqu’aux cœurs de ses membres les plus choisis, les ministres et les consacrés. Et cette misère n’est pas que spirituelle, morale. Elle est aussi psychologique. Tout l’être humain est touché. Et l’Église apprend que la seule spiritualité ne peut en venir à bout. Le confessionnal et la prison ne suffisent plus. Il faut aussi le psychologue.

Ainsi, cette crise mondiale de la pédophilie est paradoxalement une opportunité pour l’humanité, celle de pouvoir enfin nommer, regarder en face cette gangrène, et d’apprendre à la creuser, à l’assainir.

Ce travail en cours va donner quelque chose de nouveau au dialogue Église/Humanité. Jusque-là, il y avait toujours le risque que, fort de ses mérites, une certaine vanité ne parasite le témoignage de l’Église. Et qu’avec le péché enfoui de certains, la Bonne Nouvelle de l’Évangile ne soit obscurcie. Comme le disait le Pape Benoît à l’Église d’Irlande dans la lettre de 2010,  § 5 : "La plus grande persécution contre l'Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais est née du péché dans l'Église. Par conséquent l'Église a profondément besoin d'apprendre à nouveau la pénitence, d'accepter la purification, d'apprendre non seulement le pardon, mais aussi la nécessité de la justice. Le pardon ne se substitue pas à la justice".

Je crois que ce travail est en train d’être accompli. Voici que notre Église, passée au creuset de l’humiliation, aura pu rejoindre une position humble, et que son expertise ne se dira plus en : "Accueillez ma richesse", mais en " Dans sa miséricorde, notre Dieu vient de nous apprendre jusqu’où allait en nous la racine du péché, et de nous monter le chemin pour en guérir. Ce fut d’abord pour nous, une dramatique humiliation. Mais désormais, c’est humblement, si vous le voulez, que nous pouvons vous dire quelque chose de cette expérience qui nous a permis, comme en première ligne du combat, de creuser notre propre blessure et d’en recevoir dans sa miséricorde, la guérison". Notre expertise, passée au creuset de l’humiliation, sera une offre humble de cette richesse qui ne vient pas de nous pour le monde, mais dont nous les premiers, avons du recevoir la grâce ˝assainissante˝. Je crois que cette tonalité nécessairement nouvelle et humble, donnera à la Parole

de Vie que Dieu confie à l’Église, une possibilité d’être entendue, d’être reçue par un monde qui, ne voulant plus ni Dieu ni Maître, peut-être en partie à cause de la part d’arrogance que nous avons développée dans notre élection, saura accepter la tendresse du Père.

Oui, parce que je crois que Dieu est le maître de l'Histoire, à travers les différents protagonistes de cette crise, c’est Lui qui veut maintenant, qui commande cette mise en lumière. C’est Lui qui "creuse notre blessure pour que coule sa miséricorde", pour que ces crimes qui enténèbrent la vie des enfants jusqu’à leur faire renoncer à l’amour des papas, des pères, du Père, soient dénoncés et que les cœurs soient guéris et sauvés. Et finalement que le Père puisse être reconnu et aimé, ce qui est la vie de ses enfants. Parce qu’il est Père, il dénonce et dévoile non pas pour humilier et disqualifier mais pour corriger et sauver.

L’Église ainsi passée au creuset du dévoilement de sa misère et par cet assainissement, pourra humblement servir ce bien que Dieu par elle, veut pour toute l’humanité. Paradoxalement, nous devons y reconnaître une Bonne Nouvelle et, assumant l’humiliation, nous y engager avec humilité.

C'est Dieu, le maitre de l'Histoire qui commande cette mise en lumière. Dieu veut maintenant cette crise.

Alors oui, le Diable est contraint à l'attaque, il peut et doit en profiter.

Il peut en profiter, car méchant, en attaquant Rome, il se fait un malin plaisir.

Mais bien plus, il rêve non plus de tout posséder, le Christ a ouvert la porte, mais il rêve de limiter les fruits du Salut.

Par le péché des ministres, il trouve le meilleur moyen de désespérer les hommes du salut donné par Dieu, en portant le désespoir jusqu'à la désespérance sur l'Église, sur le signe et le moyen, sur le sacrement du salut de Dieu.

Un papa ou un prêtre, sont deux figures de Dieu Père. Ils doivent être icône du Père. Image transparente, image révélant la paternité de Dieu.

Si par leur péché de pédophilie, le papa ou le prêtre brouillent l'image de Dieu Père, ils ne sont plus "icone", ils sont "idole", cette image opaque, fascinante, tétanisante, désespérante car elle ne donne accès à la vie, elle ne donne pas la vie. Il n'y a plus que la désespérance et le suicide. Oui, tous peuvent aller au ciel, mais chacun peut désespérer du ciel. Telle est donc l'objet actuel de la bataille du Mauvais : conduire le plus grand nombre à désespérer de l'Église, à désespérer du Salut.

A l'inverse du Diable, Dieu veut conduire le plus grand nombre au Salut, il veut même nous conduire tous et chacun, jusqu'à la centième brebis, au salut. Pour cela, il doit tout au long de l'Histoire, pour chacun d'entre nous, conduire cette amoureuse pédagogie enseignée par Jésus. Il veut tout mettre en lumière : "celui qui fait la vérité deviendra libre" (Jean 8, 32). Il faut, il doit, il ne peut, pour révéler sa miséricorde, que révéler le péché  du pécheur, pour condamner l'un, le péché, et sauver l'autre, le pécheur.

Il veut, il doit creuser la blessure pour que coule la miséricorde.

Tant que nos péchés demeurent cachés, nos œuvres de vertu sont pourriture. Le psalmiste supplie : "Seigneur, fais-moi-connaître mon péché".  Tant que le péché de l'Église demeure caché, l'ouvrage de celle-ci peut sembler en apparence brillant, il est en fait mortellement parasité par le péché.  Les œuvres de l'Église semblent magnifiques, Mère Teresa, Sœur Emmanuelle, Emmaüs et ATD Quart Monde ... mais pendant ce temps, de très nombreuses victimes cachées de pauvres ministres, seront au désespoir. Dieu ne peut que vouloir la lumière sur le péché, seul moyen de déployer le salut.

Mais là se trouve un risque mortel pour nous.

Dans cette opération de vérité, le croyant sincère, généreux, découvre le scandale, et il a deux solutions : l'indignation ou la sainteté.

L'indignation parce que ce scandale excède l'imaginable, l'admissible. La cause de Dieu ne peut être portée par cette Église. Il y aura donc tentation de schisme ou tentation d'apostasie.

La sainteté par l’accueil humble et vrai de la Miséricorde en tout pour tous.

 

L'Église, experte en Humanité ... titre prétentieux et dépassé ?

Non, mais titre à concevoir de façon plus chrétienne.

Oui l'Église est experte en humanité de bien des façons, d'abord par la

Vérité révélée que Dieu lui a confié, puis par les Saints qu'il lui a donnée, enfin par les nombreuses œuvres qu'elle à suscité dans l'Histoire, modelant une civilisation et engendrant la modernité.

Mais désormais, l'Église sera experte en humanité non d'abord par ses richesses reçues et partagées, œuvres et sainteté, mais aussi et d'abord par cette expérience décapante d'avoir été comme l'or au creuset, première à avoir été soumise à la révélation de ce péché extrême et d'avoir du humblement devant les hommes et d'avoir du humblement devant Dieu, devenir elle-même sauvée, ré-expérimenter qu'elle est en état permanent de salut. Là, bien plus que dans la fierté de ses œuvres, mais dans l'humilité du péché révélé pour être guéri, l'Église pourra dire au monde de façon nouvelle et plus efficace : oui, j'ai un savoir, une expertise, qui était autrefois trop notionnel, et qui est désormais inscrit en lettres de feu dans ma chair : Dieu sauve tout homme du péché, le plus immense, et non seulement celui de ses ennemis, mais celui pire de ses propres amis. Nous ministres et consacrés catholiques, avons expérimenté l'humiliation de notre péché dévoilé, jusqu'à avoir découvert l'humilité. Et désormais, nous pouvons humblement aider le monde à faire ce même chemin, de reconnaitre son propre crime car il est un Dieu de Miséricorde qui veut nous sauver, aujourd'hui.

Mais cela ne sera jamais facile ni magique. Dieu ne peut nous sauver que si nous entrons dans la vérité de notre mort pour accueillir sa miséricordieuse vie.

Je le crois, l'Église devient encore plus qu'avant, mais de façon beaucoup plus humble et donc potentiellement efficace, experte en humanité au milieu des peuples.

Non plus donneuse de leçons - ce qui est toujours le risque des sauvés qui se croient riches et risquent le positionnement surplombant, vaniteux, méprisant même (Luc 18, 9) -, mais partageuse de l'impensable et éblouissante révélation : Dieu est riche en Miséricorde, Dieu pardonne, jusque-là. Voyez ce que nous avons du découvrir à nos dépends de sa miséricorde. Combien plus vous qui êtres loin pouvez oser affronter son appel, à reconnaitre votre mort pour pouvoir entrer dans sa vie.

Conclusion

UEDLP, providentiellement, se trouve là, à cette charnière entre scandale et salut :

~  si je suis criminel, que Dieu me soit miséricorde, que par sa grâce, j'arrive à choisir dans ma liberté le chemin de la pénitence.

~ si grâce à Dieu, ma vie est en ordre, qu'elle soit aussi miséricordieuse, en portant les pécheurs, et même les monstres dans la même espérance que Dieu pour tous et chacun de ses enfants. Sans quoi, ma vie est en ordre comme un cuivre qui résonne ; je n'ai pas la charité, et ma vie en ordre ne sert à rien.

Il y a les petits crimes et les crimes monstrueux. (Benoit XVI 19.3.10). Tous méritent l'enfer. Il n'y a que la charité qui ouvre le ciel. Charité d'aimer le pauvre, d'aimer celui qui est probablement plus pauvre que moi.

Père Bruno


Témoignages de priants

numéro 65 - Juin 2015

Quelques nouvelles de notre association :

-  Merci au Réverend Hans Zollner, membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs et Président du "Centre for Child Protection" (Centre pour la protection de l'enfance) à l'Université Pontificale Grégorienne de Rome, à qui Père Bruno a présenté UEDLP, pour son écoute et son accueil et à François Vayne, journaliste chrétien, qui a facilité cette rencontre.

-  Merci à Françoise Mugneret, responsable diocésaine des Équipes du Rosaire de la Côte d’Or de nous avoir invités à témoigner lors du rassemblement diocésain.

-   Merci au Père Dominique Garnier de nous avoir ouvert tout grand les portes de sa paroisse Saint Bégnine de Dijon pour témoigner d’UEDLP et à la Radio RCF Dijon d’avoir diffusé une interview sur ses ondes.

-   Merci à Évelyne Roy, responsable diocésaine des Équipes du Rosaire du Doubs, d’avoir présenté notre œuvre lors de leur rassemblement diocésain.

-    Merci enfin à tous ceux et celles qui ont de leur propre initiative présenté UEDLP auprès de leur paroisse.

-   Une petite nouveauté afin de favoriser notre communication : la création d’un flashcode (visible en fin de message) afin de pouvoir accéder directement sur notre blog via un téléphone type smartphone.

 

Nous sommes aujourd’hui plus de 2800 petites flammes de miséricorde ; plus de 200 priants nous ont rejoints depuis notre dernier bulletin de mars. Merci Seigneur !

A tous et toutes, bonne période estivale (ou « hivernale » pour nos amis de la Réunion, Maurice et Madagascar)

 

En cette fin d’année scolaire, nous vous laissons la parole. Vous êtes très nombreux et nombreuses à nous envoyer de petits mots d’encouragements et des témoignages. Tous disent votre foi et votre attachement à la prière miséricordieuse pour les enfants et les adultes. Merci et que le Seigneur vous bénisse !

 ____________

 

J’ai ouvert mon cœur, ce qui l’a aidé à prier "plus profondément". Car je dois avouer que ma prière s’adressait à la Vierge Marie pour C. et non pour son agresseur. Doucement, jour après jour, je comprends que la prière doit aussi aller vers l’agresseur; ce sera dur pour moi mais j’y arrive un peu plus chaque jour […] Je garde toujours près de moi mon chapelet et désormais cela m’aidera plus fort chaque jour. L.                                                                                  

Merci d’être semeurs de réconfort, de joie dans les cœurs. M.

 

Je continue à prier St Joseph, la Sainte Famille tout entière afin que des éducateurs selon le cœur du Christ se lèvent pour accueillir et aider les familles et les enfants à se reconstruire car tous ont besoin de reconnaissance et d’amour. Hosanna au Fils de David.     C.

 

Merci pour ce mouvement d’amour.  J.

Je profite de ce mois de juin dédié plus spécialement au Sacré Cœur, pour vous dire combien sont présents à ma prière le prénom de J. et celui de E., ainsi qu’à chaque Eucharistie, tout comme je les confie à Marie, à sa tendresse maternelle. Puisse les enfants trouver des personnes qui les fassent grandir et que les adultes trouvent un chemin de repentance, de pardon…que le Christ les attire à Lui, à son Cœur d’amour, de tendresse. L.                                                                                   

Je pense souvent à ma petite protégée et à tous ces enfants maltraités, plus difficilement à leurs bourreaux, mais avec vos recommandations, parviens. S.

 

Petitement mais dans la confiance, je peux essayer de porter dans la prière un enfant maltraité et la personne maltraitante avec la Vierge Marie, mère des pauvres et des tout petits.  A.

 

Le Seigneur nous demande d’aimer avec cette conscience de l’insoutenable et de prier pour ceux qui commettent ces horreurs. Une petite flamme d’amour qui ne veut pas s’éteindre. M C.

 

Je tiens à vous dire que le fait de prier pour le maltraitant m’a conduite à prier pour tous les maltraitants (terroristes, etc…) C’est une grâce de Dieu ! B.

 

Merci pour cette belle chaine humaine qui s’est constituée dans la Foi et l’Amour pour que personne ne désespère de lui-même et des autres…Merci de nous donner cette belle mission de prier pour un enfant maltraité mais aussi un adulte et plus audacieux pour nous-même qui sommes si pauvres d’amour à certains jours ! J.

 

Cette prière, quasi quotidienne, pour E, J et…moi-même est tellement importante pour ma vie spirituelle ! La gratuité me plait bien. Tant la gratuité financière : l’envoi facultatif et épisodique de timbres est minime et concret par rapport à une cotisation. Que la gratuité de l’acte : je prie pour un enfant et un adulte et Dieu fait ce qu’Il veut de ma prière. […]Voilà un beau chemin d’humilité. Demander à Dieu d’être la lumière d’un enfant qui souffre m’aide à porter ma croix. Demander à Dieu qu’un adulte gravement coupable assume  ses responsabilités me permet de m’accepter pauvre et pécheur.   D.

 

Un point commun avec la prière pour des chrétiens persécutés et leurs bourreaux est la difficulté de prier pour ceux qui font souffrir et qui nous écorche la bouche. Plusieurs choses peuvent nous y aider : d’abord la prière d’autres priants, ensuite la nécessité de prier si on veut qu’un enfant cesse de souffrir ("La prière est une force qui transforme le monde." Benoit XVI), enfin la reconnaissance de notre propre péché et l’accueil de la Miséricorde de notre Seigneur dans nos vies (confession et chapelet de la Miséricorde). Le Seigneur ne veut pas la mort du méchant mais qu’il vive et qu’il change. […] Un jour que je disais à un prêtre ma difficulté à voir la volonté de Dieu, il m’a répondu : « Sa volonté, c’est que toutes les âmes soient sauvées. » Alors, oui, Seigneur je te prie pour cet adulte maltraitant, viens guérir son cœur, libère-le de l’esclavage du péché, convertis son cœur, qu’il se laisse touché par la faiblesse et la fragilité de l’enfant. Donne-lui la grâce d’un vrai repentir et l’humilité de demander pardon. Introduis-le dans la demeure de ton cœur très miséricordieux et ne l’en laisse pas sortir pour l’éternité. Alors, un enfant cessera de souffrir et ton Royaume grandira. Notre Dame du Sacré Cœur, conduis-le au Cœur de Jésus, source d’Amour et de Miséricorde.       L.

 

Le feuillet est "une petite flamme" qui nous arrive personnellement et nous permet de sentir que nous faisons partie d’un "foyer". Merci beaucoup. »  O.

 

Aimer plus fort que tout                             Aimer plus loin que la tristesse

En suppliant de ne pas s'endurcir                Avec ta joie dans le cœur

Avec ton Cœur humble et doux                  Quel que soit ce qui nous blesse

Toujours prêt à S’offrir                              Et éprouve nos heures

 

Aimer plus fort que tout                          Aimer en ne comptant pour rien

Quelle que soit la solitude qui étreint      Sinon pour ton amour fou       

Avec la nuit noire qui nous voue              Qui dans le silence nous étreint

A toutes les tentations du malin.             Jusqu’à nous mettre à genoux

 

Aimer toujours plus humblement            Apprendre à aimer comme toi Seigneur

Avec toutes nos dépendances                 Avec ce que tu poses en nos âmes

Et tout ce qui nous rend                         Pour que notre vocation soit ton bonheur

A la pureté de l’enfance.                        Et que brille ta petite flamme

 

Aimer dans ta miséricorde

Conscients de ta mort en croix

Accrochés à l’espérance que Tu accordes

A l’enfant qui se jette dans tes bras.  

poésie-prière de M. 


Faites-le pour eux

n° 64 - Mars 2015

Bonjour à toutes et tous.

Quelques nouvelles de notre association :

 

-   Merci à Mgr Benoit-Gonnin, évêque du diocèse de Beauvais-Noyon-Senlis d’avoir célébré,  entouré des Pères Bruno, Christian Chassagne, Philipe Forest et Philippe Gruson,  une messe d’action de grâce pour nos 15 ans fêtés le 15 février dernier.

-    Merci aussi à la centaine de priants qui nous ont rejoints ce jour-là à Chantilly pour la messe, pour le repas partagé et temps d’adoration clôturant cette journée.

-   Merci au Père Delaume de Bouillon en Belgique de son invitation et de nous avoir permis de présenter UEDLP en plusieurs lieux de sa paroisse et à la Société Royale ouvrière Saint Eloi de Bouillon de son accueil.

-   Merci à vous tous qui nous ont envoyé des timbres suite à notre appel dans le dernier bulletin. Cela nous permet d’entrevoir l’année 2015 avec plus de sérénité.

-  Merci à nos amis du Bon Larron pour leur invitation à participer à leur rassemblement annuel de mars.

-  Merci à Mary-Grâce pour son aide active à l’Ile Maurice mais aussi à tous ceux et celles qui font la promotion d’UEDLP telle Brigitte à Toulon, Cécile à La Réunion, Père Loyola au Québec et tant d’autres qui discrètement parlent et agissent pour faire connaître notre association.

-  Merci enfin aux médias et journalistes qui ont présenté UEDLP :

Elodie Dabrimcourt-Chapelle sur Radio Notre-Dame.[i]

Françoise Toulemonde dans le magazine Le Pèlerin.[ii]

 

Nous sommes aujourd’hui plus de 2600 priants répartis sur 31 pays.

De plus en plus souvent nous recevons des messages nous confiant des enfants et des adultes. Ainsi dernièrement Père Valentin de Kinshasa au Congo a confié, à la prière d’UEDLP, 95 enfants entre 6 mois et 11 ans qui ont subi les affres de la guerre y compris, pour un bon nombre d’entre eux, des violences sexuelles même pour les plus jeunes. 

Ainsi rendons grâce à Dieu pour le bienfait de la prière qui nous encourage à continuer à œuvrer pour proposer de plus en plus largement et de plus en plus lisiblement UEDLP.

Rendons grâce aussi au Seigneur pour ce chemin de conversion qui nous propose, au-delà de notre logique humaine et pécheresse, de prier et d’aimer tout autant l’enfant maltraité QUE l’adulte maltraitant. Pour conclure, deux témoignages qui peuvent résumer ce qu’est pour moi  UEDLP :

-  de E du 94 « Pour info, je vous confirme que c'est très dur de prier pour les mal-traitants .... on a de la route à faire. »

-  de H du 57 « L’idée de prier aussi pour les adultes maltraitants vient certainement du St Esprit… »

Que Dieu vous bénisse tous et toutes et qu’Il nous soutienne par l’intercession de la Sainte Famille et des saints sur ce chemin de conversion du cœur en ce temps de Carême.

Union de prière dans l’espérance de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus.

Mona

*-*-*-*-*

TOUT CE QUE VOUS VOUDRIEZ QUE LES AUTRES FASSENT POUR VOUS, FAITES- LE POUR EUX 

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.
Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ?
ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ?
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera- t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites- le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »

                                                             Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu, 7, 7-12

 

UEDLP ne se comprend qu’à la lumière de l’Évangile.

Dans ce passage sur la prière avec le « Donc, vous … », comme dans d’autres passages de la Parole, Jésus articule sans cesse la verticalité de l’amour entre le Père et moi, et l’horizontalité de l’amour entre moi et mon prochain.

L’enseignement est constant : si parce que mon prochain me semble trop pauvre, trop pécheur, si je n’espère pas pour lui, si je ne veux pas pour lui la miséricorde, alors je me ferme moi-même au don que je demande au Père pour moi-même. Il en est ainsi pour le fils ainé dans la parabole du fils prodigue qui, fort de la certitude de sa vie droite, refuse le retour de ce frère  cadet qui revient après tant de turpitudes et que son père accueille à bras ouverts.

Là se trouve l’essentiel du problème de Jésus avec ses contemporains les meilleurs. Ceux-ci ne veulent pas de la miséricorde pour les autres, les pécheurs publics. Les Pharisiens respectent la Loi. Ils agissent correctement selon la Loi, pensant agir comme Dieu. Mais leur cœur est si dur envers leurs frères pécheurs. Ils trouvent juste que ces méchants soient enfin sanctionnés, ils s’en réjouissent même. En cela, ils révèlent qu’ils ne partagent pas l’essentiel du cœur du Père. Dieu le Père ne se réjouit pas de la mort du pécheur mais pleure la mort de son fils pécheur. Bien qu’en règle avec la Loi, ces hommes, par la dureté de leur cœur, sont des pécheurs qui refusent la miséricorde pour les pécheurs. Donc logiquement selon la Loi, sans le bénéfice de la Miséricorde, eux-mêmes se condamnent à l’enfer. Mais les Prophètes et Jésus n’ont de cesse de  leur dire que la Loi s’articule avec le cœur.

Ainsi si l’on n’agit que par rapport à la Loi, on ne peut prétendre à continuer de bénéficier de l’amour du Père. Le bien que Dieu veut nous donner ne peut pas nous rejoindre, incapable sommes-nous de le recevoir parce que notre cœur est fermé, verrouillé. Ce qui parait scandaleux, c’est que Dieu veut le bien, et donne le bien à celui qui fait le mal et maltraite son frère. Dieu veut donner ce bien, pas selon le Loi seule mais selon une loi de croissance. Si je veux bénéficier du bien que Dieu donne, alors, la conséquence est que je dois moi-même me mettre en route pour aimer mon frère et vouloir ce bien aussi pour lui ! Le « Donc » du début verset 12 dit que ce bien que je demande au Père pour moi, m’engage à vouloir le bien pour mon frère.

On pourrait croire cette question lointaine par rapport à l’ouvrage d’UEDLP. Il n’en est rien. Cela concerne tous les chrétiens, vous et moi, et donc les priants d’UEDLP.

Mona sait que la prière pour les adultes maltraitants est difficile. Tout comme moi, elle vit cette difficulté mais aussi elle n'a de cesse de dire qu'UEDLP est un œuvre de Miséricorde pour les maltraités et pour les maltraitants et aussi pour les priants.

Dieu, encore plus en ce temps de Carême, à cause de son Amour, nous offre ce chemin de conversion.

Mais Mona constate avec une grande tristesse combien, nous n’agissons pas selon la loi d’amour que Dieu nous propose. Pour un certain nombre des priants, cette prière pour les « méchants » est souvent problématique. Et de plus, elle est parfois consciemment, parfois quasiment inconsciemment, marginalisée. Nous recevons régulièrement des messages nous disant la prière fidèle pour l’enfant … mais rien envers l’adulte …

Prier pour les enfants maltraités, pour paraphraser Jésus, cela même les païens savent le faire. Il continuerait ainsi : vous, chrétiens, priez aussi pour ceux qui persécutent les enfants, ces adultes si pauvres, vos frères quasiment morts. Hors, il est évident que pour une partie d’entre nous, non seulement cela est difficile, ce qui peut se concevoir, mais malheureusement, cela est quasiment refusé formellement ou marginalisé de fait par un certain nombre de priants d’UEDLP. Mais Dieu nous aime tellement qu’Il veut, en vous appelant à cette prière révoltante, nous rappeler qu’il aime sans condition le « maltraitant » tout autant que « le priant qui se ferme » à la prière pour le maltraitant. Dieu n’est pas comme nous, il Aime. Alors aimons et prions pour l’enfant ET pour l’adulte.

 

Père Bruno

 

Bienheureuse Vierge Marie, avec une reconnaissance renouvelée pour ta présence maternelle nous unissons notre voix à celle de toutes les générations qui te disent Bienheureuse. Nous célébrons en toi les grandes œuvres de Dieu, qui jamais ne se lasse de se pencher avec Miséricorde sur l'humanité, affligée par le mal et blessée par le péché, pour la guérir et pour la sauver.

 

                                                                                     Prière du Pape François à la Vierge Marie, 13 octobre 2013


Seigneur, envoie-moi un signe !

Juin 2011

 

Bonjour à tous et à toutes.

Notre petite chaine de prière regroupe aujourd’hui plus de 570 priants … Discrètement, avec délicatesse, Dieu nous guide sur un chemin de miséricorde et nous fait prendre part à cette immense prière qui monte jusqu’à Lui et que l’Esprit nous suggère.

Un mail reçu me donne de vous écrire ce petit éditorial : " A mon humble avis, il est important, quand même, pour un chrétien de savoir si sa prière a abouti... ou fait changer les choses. Notre prière est, dans la foi, toujours efficace, même si le résultat ne se réalise pas toujours selon nos conceptions humaines  mais selon la volonté de notre Père, infiniment bon, qui ne veut pour nous tous que le "meilleur".Car, lorsque nos demandes et nos souhaits ont abouti, et si nous le savons, en toute discrétion évidemment comme il se doit, nous pouvons alors être dans la louange et la joie, et notre Père aime cela.

En communion de prière, E.

 

Comme E., nombre d’entre vous nous demandent des nouvelles de l’enfant confié, voire de l’adulte : que devient-il ? Vit-il mieux ? Ses tourments ont-ils cesser ? Et cet adulte, a-t-il enfin mesuré sa petitesse ? A-t-il demandé pardon ? Tant de questions. Nous croyons en Dieu, en l’effet de la prière, mais il nous faut des signes.

Sans ces signes tant attendus, nous sommes dans l’expectative …et si notre prière ne portait pas de fruit ! Et si cet enfant continuait à souffrir … … " non pas cet enfant que je porte tous les jours dans la douceur de ma prière, que je dépose sur l’autel à chaque eucharistie. Non, Seigneur, pitié pour lui ! "

J’avoue avoir aussi demandé un signe … il y a 11 ans lorsque à force de réfléchir à comment aider, davantage encore, ces enfants que je pouvais croiser dans ma vie professionnelle, je suis allée à Paray le Monial. Trois jours à prier devant le Saint Sacrement, adorant le Cœur du Christ, demandant s’il fallait aller plus avant dans cette petite œuvre de prière. Ne pas savoir, ne pas oser suivre ce pressentiment que le Seigneur avait mis en mon intime, ne pas trouver en mon cœur la confiance absolue en ce que Dieu me demandait. J’avais besoin d’un signe … "Seigneur, donne-moi un signe, et je suivrai ta route, j’obéirai ".Trois jours de jeûne et de prière, et de larmes. En reprenant le train, je quittais Paray, triste, épuisée, déchirée entre cette demande insistante que Dieu m’avait faite et mon attente obstinée d’un signe.

Rentrée dans ma paroisse, une rencontre avec Père Bruno, mon père spirituel, m’a fait doucement comprendre que la foi seule suffisait et que le plus important était de faire la volonté de Dieu. Alors, un genou à terre, j’ai accepté. Dans la foi, le Seigneur m’avait progressivement amenée à répondre à son appel. Les personnes à qui je m’étais ouverte de ce projet ont tout de suite dit oui pour former une petite équipe de rédaction et Père Bruno acceptait d’être le prêtre-accompagnateur de l’UEDLP. A la messe du lendemain, nous avions prévu notre première annonce et de fait les premiers priants nous rejoignaient.

Mais ma foi n’étant que faiblesse, après une réunion de travail tardive, je décidais de me rendre, bien qu’il soit très tard, dans un oratoire accessible à cette heure avancée du soir. Après avoir accepté le matin, trouvé une équipe et un prêtre, prévu le lancement le lendemain d’UEDLP, je me retrouvais face au Saint Tabernacle, demandant encore un signe… : "Seigneur, j’ai accepté de répondre à ta demande mais si c’est vraiment ta demande, envoie-moi un signe, fait que quelqu’un vienne prier à l’instant dans cet oratoire !". Alors devant tant d’incrédulité, j’ai enfin reçu un signe : une personne est entrée dans cet oratoire, au cœur de la nuit. Le Seigneur avait eu pitié de moi et surtout de mon manque de foi.

Un témoignage cependant peut nous réconforter : une enseignante qui nous avait demandé de trouver un priant pour un jeune garçon qui était en souffrance, a vu quelques jours après que l’enfant soit confié, une très nette amélioration dans le vécu de ce jeune qui a recommencé à sourire et à vouloir accepter de l’aide.
Sinon, rien d'autre .... mais notre prière a-t-elle besoin de ces signes, a-t-elle besoin de savoir si l'enfant va bien ou pas ? Notre prière est en communion avec les Saints, elle est confiante en l'Amour de Dieu et elle sait que Dieu peut tout. Ce que nous ne pouvons voir ou savoir est toujours dans la main de Dieu. Dieu est Père et il sait plus que nous ce qui est bien et bon pour chacun de ses enfants.

N'est-il pas le sens de la totale gratuité de notre prière que d'en abandonner le fruit  à Dieu seul ;  n'est-il pas de Lui rendre grâce pour l'humilité qu'Il a de nous donner de prier ?

Faut-il toujours mesurer notre louange et ce que nous savons, ou bien la laisser s'épanouir à la seule pensée de l'envergure de l'œuvre de Miséricorde de Dieu ?

Mais si vous êtes comme moi, à demander quand même un signe, alors posons-nous la question de ce qui a changé en nous, dans notre prière.

Aurions-nous été capable de prier pour un maltraitant comme nous le faisons aujourd'hui ? Aurions-nous été capable de suivre ce chemin de conversion du cœur qui, confronté à nos propres faiblesses, nous donne de mesurer, un petit iotas de plus, l'incommensurable Miséricorde de Dieu pour nous tous.

Le signe n'est-il pas tout simplement le chemin parcouru dans notre vie, notre prière, notre foi ? Certains nous ont d’ailleurs témoigner avoir retrouver le goût de la prière journalière.

Nous sommes plus de 550 aujourd'hui à être chaque jour un peu plus des petites flammes de miséricorde qui brillent dans les ténèbres de l'incrédulité. Nous sommes plus de 550 petits signes qui démontrent que Dieu nous aime plus que tout. Vous êtes pour moi plus de 550 petits signes de sa Lumineuse Miséricorde.

Alors que notre prière commune s'élève dans un humble chant  de louange à Notre Dieu Trois fois Saint. Pardon pour notre manque de foi, Seigneur ! Merci Seigneur pour tant de bonté ! Merci Père !

Mona

 

 Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez. "

Matthieu  21,22

 

" Les autres disciples dirent à Thomas : ' Nous avons vu le Seigneur ! ' Mais il leur dit : ' Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, ..., non, je ne croirais pas '. Huit jours après ... "

Jean 20,24

 

Donc aujourd'hui, moi du moins, je n'ai pas besoin de signes. Pourquoi ? C'est que j'ai appris à avoir foi dans le Seigneur, indépendamment de tout signe. L'infidèle a besoin de garantie ; mais moi qui suis un fidèle, je n'ai besoin ni de garantie, ni de signe ; bien que je ne parle pas une langue miraculeusement, je sais que j'ai été purifié de mes péchés. Les hommes d'alors n'auraient pas cru, s'ils n'avaient pas reçu un signe; voilà pourquoi des signes leur furent donnés comme garantie de la foi qu'on leur demandait. Pour prouver que ce n'était pas aux fidèles, mais aux infidèles que des signes étaient donnés, afin de les rendre fidèles, Paul dit : " Les signes ne sont pas pour ceux qui croient, mais pour ceux qui ne croient pas " (I Cor., XIV, 22). Comprenez-vous que Dieu ne nous fait pas outrage, que c'est au contraire par estime pour nous qu'il a supprimé la manifestation des signes ? Il a voulu montrer que notre foi est indépendante des garanties et des signes, voilà pourquoi Dieu a fait ce qu'il a fait : les hommes d'autrefois demandaient avant tout un signe, une garantie pour croire Dieu  sur les choses invisibles ; mais moi, indépendamment de tout cela, je montre une foi entière : Voilà donc pourquoi il n'y a plus de signes aujourd'hui. 

Saint Jean Chrysostome (354-407)

Extrait de la Première Homélie sur la Pentecôte


Le viol comme arme de guerre, plus destructeur que les armes

Décembre 2014

 

Suite au reportage «Larmes de guerre» diffusé sur France 2 le 2 mars 2014[1], j’ai découvert l’hôpital de Panzi en République Démocratique du Congo, où le docteur Mukwege, gynécologue-obstétricien, vient en aide aux femmes et aux enfants victimes de viols commis en temps de guerre.

Le mercredi 22 octobre dernier, le docteur Denis Mukwege, a reçu  le Prix Sakharov pour la liberté de penser, décerné par le Parlement européen[2].

 «L’hôpital de Panzi continue à recevoir par jour six à huit femmes violées dont la plus jeune est âgée à peine de quatre ans», déclarait le Dr Denis Mukwege, en août 2012. Aujourd’hui le constat est sensiblement le même.

Les statistiques du UNHCR (Agence des Nations Unies pour les Réfugiés) montrent une augmentation alarmante des cas de viols et de violence contre les femmes au Nord-Kivu, province de RDC (environ 5000 par an).

Depuis 15 ans, le Dr Mukwege a soigné plus de 40 000  femmes violées dont 68,2% sont des victimes mineures.

Tant de chiffres qui donnent la nausée. Le Dr Denis Mukwege déclarait, le 31 octobre, à ce propos aux journalistes du Figaro.fr " Derrière chaque chiffre, il y a avant tout une femme qui a perdu son intégrité physique et psychologique, qui est handicapée, perd ses urines, est rejetée par son mari. Si on peut voir les victimes comme ça, alors on pourra peut-être être poussés vers l'action. "

 

Autre conséquence qui ajoute l’horreur à l’horreur : le nombre exact des enfants nés de viols, et dont personne ne connait le chiffre exact. Beaucoup d’habitants du Sud-Kivu considèrent les enfants issus d’un viol comme des apatrides alors qu’ils sont nés sur le sol congolais et de femmes congolaises amenées de force dans les forêts pour servir d’esclaves sexuelles. 70% de ces enfants ne sont pas enregistrés à l’état civil et peu sont scolarisés. Rejetés par tous, ils sont appelés : «enfants de bandits, enfants de la rue, enfants du serpent». De plus les enfants nés de viols ne connaissent pas leur père. La filiation ne se transmettant que par le père en RDC, les femmes violées souffrent de voir chaque jour cet enfant, fruit d’un viol,  tiraillées entre l’amour maternel et le souvenir de ces moments atroces. Comment continuer à vivre en voyant dans les yeux de son enfant le regard de son violeur ?
«En engrossant ces femmes, les Interhamwe (rebelles rwandais réfugiés dans les forêts de l’est du Congo) brisent la filiation, ils créent une nouvelle race, un enfant que le mari (futur) de sa mère et la communauté auront des difficultés à reconnaître. C’est une forme de guerre génétique qui se mène dans le corps des femmes», explique également le Dr Mukwege.